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domestiques, hommes et femmes, en tout plus de cent personnes *. Mais précisément, ils étaient trop, et prétendaient jouer trop grand rôle. Le roi commença bientôt h se plaindre des « Monsers » à Buckingham. A Marie de Médicis même, il déclara, non sans aigreur, que la reine dédaignait la langue et la nation anglaise en général 2.
En peu de temps les difficultés devinrent telles que le roi dut prendre des mesures de rigueur. Le Lord Secrétaire d'Etat signifia son congé à toute la maison française, et le 7 août 1626, comme Tordre, malgré une scène d'une violence extrême, n'avait pas été exécuté, le roi, en dépit des colères et des pleurs de sa femme, écrivit à Buckingham d'agir par douceur s'il le pouvait, sinon d'agir « par la force et de les chasser comme autant de bêtes sauvages, jusqu'à ce qu'il les ait tous embarqués ». Il ajoutait : « Que le diable les emporte ^ ! »
Le diable en ramena, et il trouva un complice dans le palais: l'Amour. Après l'affaire de la Rochelle, un arrangement intervint^ aux termes duquel la maison de la reine fut reconstituée. Elle gardait un évêque, un confesseur, et son assistant, six prêtres, d'autres encore, sans parler des femmes ; la majorité restait néanmoins anglaise. Sans que nous ayons là-dessus des données tout à fait précises, il semble bien que la volonté royale était fortement arrêtée. Nous avons vu Charles I®"^ protester auprès de Marie de Médicis contre l'indifférence et le dédain de sa femme pour l'idiome. Est-ce pour cela qu'il ne fit pas apprendre le français au prince de Galles, son fils ? En tout cas, celui-ci l'ignorait, quand il arriva à Paris. Sans doute, le roi parlait français avec sa femme, néanmoins Henriette se mit peu à peu à l'anglais. Si elle garda Thabitude d'écrire en français à son mari, celui-ci lui répondait en anglais. La reine eût été du reste à cette date en mesure d'écrire elle aussi en anglais, car elle correspondit de France en cette langue avec
1. V. Bâillon, Ilenrielle Marie de France, reine d' Angleterre^ Paris, 1877, 8*, 61 et Gharl., Vie «oc, XIV. « Parmi les membres les plus marquants on cite Daniel du Plessis, évéque de Mende, grand-aumônier, le P. Bérulle, confesseur de la reine^ la belle Madame de Saint-Georges, amie d'enfance d'Henriette, dame du lit, les comtesses de Tillières et de Cypière, dames d'honneur, le comte de Tillières, chambellan, le comte de Cypière, grand écuyer, le marquis d'Efflat et M. rie la Ville-aux- Clercs, accompagnés de plusieurs seigneurs et dames de la cour. C'était également la maréchale de Temines, puis le duc et la duchesse de Chevreuse, qui, trop lidèle peut-être au souvenir de lord HoUand, allait le retrouver à Londres, se faisant suivre de Boisrobert, bel esprit à la mode à la Cour de France^ »