‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 106 sur 352 · Upham., o. c · texte numérisé non relu

Upham., o. c

De 1653 à 1658 paraissent de nouveau quelques ouvrages de pédagogie grammaticale*, dont un est très important, celui deMauger*.

Mesures contre le français. — Le « français de la loi ». — Il est vrai qu'une mesure législative ôta au français ce qui lui restait de certains privilèges d autrefois. Mais depuis longtemps ces privilèges étaient sans valeur. D'abord, en 1362, l'anglais avait été établi en qualité de langue officielle, parlée dans les cours de justice. Ainsi que je Tai déjà dit ^, le français s'était seulement survécu ^. Quand le 25 octobre 1650, le Parlement résolut que toutes les procédures devraient dorénavant être conduites en langue anglaise, ce ne futdonc pas, à proprement parier, une dépossession '•. Il faut du reste descendre jusqu'à 1731, pour trouver un acte qui abolisse définitivement le français ^.

J'ajouterai qu'à y regarder de près, ce « français delà loi » n'avait à peu près rien de commun avec celui qui se parlait au Louvre. Un bel esprit de France n'y eût pas compris goutte, et inversement un bachelier es lois anglais eût paru dans un salon de Paris plus ridicule encore que les barbons du Palais français, dont on s'était tant moqué. Les Anglais eux-mêmes faisaient des gorges chaudes de ce « jargon enflé auquel aucune portion de l'humanité ne peut accéder que les hommes de loi ; tandis qu'en revanche les plus bouchés d'entre eux peuvent s'y former sans maître; galimatias sans parties du discours, du même acabit que le moresque espagnol ^ ».

Des traces des anciens usages se maintinrent longtemps fort

1. 1653. Maugcr, Claude, The true advancemenl of the Fr. tong.^ Lond. — 1658. Mauger, French Gram., revue et augm . , Lond. — Cf. 1655. Laine, P., A compendions introd. to the fr. long, and orth., many necessary words never before printed, Lond.— 1656. Gram. angl, et fr. pour appr. facilement la lang. angl.^ Dieppe, 8».

2 Mauger était Français de naissance, mais possédait bien l'anglais. II enseigna et en Angleterre et en France, où il s'était attaché une clientèle anglaise. Il semble avoir débuté à Blois, où il resta sept ans. Il a écrit aussi des Lettres Françaises et Anglaises (1676), et un Livre d'Histoires curieuses du Temps.

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