Works, dans Charl., Vie «oc
7. « Dés que votre enfant saura parler anglais, il est temps qu'il apprenne quelque autre langue ; et si je conseille de commencer par le français, je ne serai contredit
grec, Sancho ? — Non, Monsieur, mais il crache le français comme une pie, et c'est plus à la mode ^ ».
Toutes les œuvres qui ont- fait bruit alors à Paris ont passé en Angleterre, y ont été lues, traduites, imitées; les lettres de Voiture et les romans de La Calprenède, aussi bien que les Maximes de La Rochefoucauld, la philosophie de Descartes, ou les Caractères de La Bruyère. Corneille et Racine ont paru sur la scène anglaise, sans y emporter tous les suffrages, il est vrai, mais assez applaudis cependant pour que la conception française du théâtre, favorisée par le roi, parût un moment devoir l'emporter sur la tradition shakespearienne. Molière y inspira une foule de bonnes et de mauvaises pièces. « Saluer Dry den, et l'entendre parler de la dernière tragédie de Racine ou du traité de Le Bossu sur la poésie épique, était, » dit Macaulay, « une faveur avidemment recherchée 2 ». La Fontaine était peut-être de tous les poètes celui que l'on goûtait le plus. La société qui entourait Saint- Evremond, dont nous avons parlé plus haut, eût voulu l'attirer en Angleterre. Boileau régna à Londres, et quand, au café Will, se discutait la querelle des Anciens et des Modernes, c'était sa querelle, son parti, que tenaient les adversaires de Saint- Evremond ; Addison l'avait longuement consulté à Paris, comme l'oracle du goût universel^.
Dans la foule des admirateurs, il y avait des pecques comme Melantha, qui juraient de n'entrer jamais « dans ime paire de draps avec quelqu'un qui détestât les Français », et qui eussent donné leur vie pour la poésie française'*. Mais il y avait aussi des Orinda qui traduisaient Pompée'^, « 11 est évident, dira encore Shaftesbury en 1710, que notre génie naturel brille au dessus de celui de cette légère nation voisine : cependant, on doit confesser que, avec de vraies peines et travail, ils ont cherché la politesse et se sont étudiés à donner aux muses leurs dûs corps et proportions, aussi bien que les ornements naturels de la correction, de la chasteté et de la grâce
par personne. La raison de cela, c'est qu'on est accoutumé à la véritable méthode d^enseigner cette langue aux enfants, qui est de les faire toujours parler français, en conversation, sans leur embarrasser l'esprit d'aucune règle de grammaire •» {Edacêt. des enf.j I, 373, dans Charl., Vie soc.^ 167 ; cf. Bast., o. c, 94).