cf. Remania, XXX
•i. Houdci, Éléments de phonétique générale, Paris, 1910, 92: « i ouvert anglais, dit bref {bit, tip, lick, etc.) est encore un peu plus ouvert (que i dans l'ail. Lippe) el son timbre paraît à une oreille française assez voisin du timbre de é. Le français ne possède pas de i ouvert. » Cestlà exactement le son du hollandais dont il s'agit ici .
5. M. Van Wijk considère ce mot comme un emprunt fait au latin, non au français, et il le rapproche de moriis devenant en vieux hollandais mûr, où le changement de o en ou serait analoj^ue à celui de e latiu en i germanique, comme dans Rin du lalin Renus. Mais en néerlandais morus devient moer (pron. mour) et non pas ^rnnur. Voyez Franck's Etymologisch Woordenboek der Nederlandsche Taal, 2" éd., par N. van Wijk i. v. moerbei et uur.
6. Il est vrai — M. R. A. KoUewijn nous le faisait remarquer — que quelques rares mots néerlandais commencent par un son qui se rapproche beaucoup de la chuin-
Comme il est fait ici même, dans les chapitres qui concernent les autres langues, les mots seront présentés par catégories. Le groupement adopté, dont Texplication et la justification ont été données ailleurs ^ repose en somme sur une idée essentielle que voici. Il importe de distinguer entre les mots étrangers qui ont passé la frontière en même temps que Tobjet ou le concept qu'ils désignent (mots techniques), et ceux qui nomment des idées ou des choses déjà connues au moment où ils y sont introduits (mots non techniques). En outre, il ne faut pas oublier que plus l'idée exprimée est individuelle, personnelle, plus le mot qui Texprime est probant pour l'influence française, car la vie intime est beaucoup moins facilement accessible à des influences étrangères que la vie publique ; on est soi-même surtout dans sa maison et dans ses relations d'homme privé. Et dès lors, il semble qu'après avoir commencé par les mots qui ont une signification très impersonnelle et qui se rapportent à l'homme en général, il convienne de pousser l'exposé vers ce qui concerne de plus en plus l'individu.
Ces observations faites, nous n'allons pas reproduire ici une liste de tout ce que doit au français le néerlandais du xvi® et du xvii^ siècle. On trouvera cette liste ailleurs, aussi complète qu'il a été possible de la faire ^. Ne seront cités ici que des mots qui sont restés dans la langue, dont la présence dans un texte du xvi** ou du xv!!** siècle n'est pas due par conséquent au caprice d'un écrivain -^
Sciences. — Les mots de ce groupe sont extrêmement nombreux aujourd'hui, mais il importe, — et la chose est souvent assez difficile — de bien distinguer les mots proprement d'origine française et les termes internationaux, c'est-à-dire ces termes aux éléments grecs et latins, qui, malgré leur apparence française, proviennent souvent de pays autres que la France. Anciennement la science, en
tante française, et peut-être même n'en dilTère pas du tout, par exemple sjofel^ sjouwen. A rintérieurdes mots, ce son n'est pas non plus complètement inconnu en hollandais ; en effet, le sj dans besje^ musje, etc. ressemble beaucoup à ch français. Cependant les Hollandais qui prononcent c/i, j, français sans avoir appris à produire ces sons convenablement, ne les identifient instinctivement, ni avec sj de sjofeL ni avec sj de hesje.