Hatin, o. c
7. Voir Funck-Brentano, Prisonniers de la B&stilUy n» 1045, Bib. Ars., n* 12474. et Foucault, Mém,, 1698, 327.
8. Lui, fut remis en liberté pour se faire soigner, le 10 fév. 1700 (Arch. Nat., G", 44 f" 16 et 65 v»).
Histoire de la Langue française, V. 18
Pour le reste, c'est à peine si on arriva à faire garder dans les attaques un peu plus de prudence et de réserve extérieure.
La police de Louis XIV imagina aussi d'opposer pamphlet à pamphlet *. Il arriva même que pour assurer du débit à ceux qu'on lançait, et ne pas laisser soupçonner leur provenance, on essayât de donner une apparence hollandaise à des impressions qui sortaient de presses françaises ^.
Malgré tout, l'effort, comme on pouvait s y attendre, fut surtout n^atif. Il se concentra et s'obstina à obtenir par mesure administrative la disparition des écrits qui gênaient.
Et ainsi se produisit un paradoxe singulier. Pendant que le gouvernement royal luttait contre elle de toutes ses forces et de toute son autorité, la libre presse hollandaise, en attaquant la France et son roi en français, étendit par des exercices r^^liers dans tout le monde civilisé la lecture en langue française. Malgré nous, elle obligea toutes les Cours, tous les hommes mêlés aux affaires, à connaître cette langue pour se tenir au courant, et la prépara ainsi à jouer xoi rôle essentiel dans les discussions internationales. De la sorte d'obscurs gaze tiers, devenus souvent, quoique Français, d'implacables ennemis de la France, firent plus pour elle que de grands auteurs, même académiciens.
Ainsi ces Renaudot étrangers mériteraient que leur nom fût inscrit auprès de celui du maître ; seulement la place de leur monument n'est pas en face du Palais de Justice.
1. Un des journalistes à gages fut Eustache le Noble de Tennelières, baron de Saint-Georges, qui publiait chaque mois La Pierre de tonche politique (1688*1709). Ses dialogues eurent l'honneur de produire aux Pays-Bas un peu du scandale que les libelles hollandais causaient en France (Voir une lettre de Bayle, 3 déc. 1691, OEuv.^ 1737, IV, 669).
2. Voir une lettre de Verjus, ambassadeur de France au Secrétaire des AIT. Élr., Ralisbonne, 6 juill. 1682. Il parle des traités que M. d'Yéna a écrits pour défendre les droits de la France : « Il sera nécessaire d'envoyer ces escrits a quelqa*un a Strasbourg pour les y faire imprimer de quelque caractère qui ressemble a ceux de Hollande ou de Nuremberg ou Francfort. Si vous n'y avez personne pour en prendre soin, M. Guntzer le fera fort bien » {Aff. Etr., AUem., Corr., 295, f" 128).