‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 238 sur 352 · Cf. Id., o. c · texte numérisé non relu

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CAUSES DE CErrE EXPANSION 305

pas, en ce qui concerne le xvi® siècle, de documents très explicites K Mais dès 1617, nous voyons les femmes éprises de culture française se grouper en une Académie, fondée à Amberg, dans le Haut Palatinat, par la première femme de Christian I^*" d'Anhalt, Anne, fille d'Arnold de Bentheim. Cette création date de la même année où fut instituée une Académie opposée, « TAcadémie fructifiante. >» On sait que Christian, qui appartenait à la branche d'Anhalt- Bernboui^ avait conduit à Henri IV l'armée que les princes protestants lui avaient promise contre les Espagnols et les Ligueurs. D'autre part, il fut gouverneur du Haut Palatinat pendant la Guerre. 11 avait une telle habitude du français que c'est en cette langue qu'il correspondait avec Mansfeld. L'Académie s'appela « la Noble Académie des Loyales », ou « Ordre de la Palme d'Or ». I^e signe distinctif de la société était une palme d'or et sa devise « Sans varier ». L'Académie avait aussi pour emblème le phénix, sous lequel on lisait cette inscription '< Rare mais perpétuel ». Titre, inscription, devise, statuts, tout y était français. Le nombre des membres de l'Académie des Loyales était de 20, selon les uns 2^ de 36 selon d'autres 3. C'étaient les princesses de la Maison d'Anhalt, de Bentheim, de Solms, de Mecklembourg, de Lippe, de Waldeck, etc., et d'autres dames nobles qui toutes se proposaient, selon leurs statuts, de mener une vie vertueuse, défaire usage de belles manières, et surtout de répandre parmi les dames de la société allemande la connaissance qu'elles avaient acquise de la culture française '». Deux moyens s'offraient aux résidentes pour instruire les absentes: les visites et la correspondance. Suivant en cela l'usage déjà établi dans certains cercles littéraires, chacune de ces dames choisissait une devise et un surnom correspondant à ses penchants : il y avait la Prouvoyante, la Constante, la Paisible, l'Obéissante, la Concorde, l'Invariable, la Débonnaire. Combien de temps dura cette Académie ? Jusqu'en 1638, dit M. Grucker •'•.

L'« Académie des parfaits amants » était aussi d'esprit tout français. Elle se composait de vingt-neuf princes et princesses, et de dixneuf hommes et dames de la noblesse. Barthold, dans son Histoire

1. Un des ouvrages qui a le plus aidé à renseignement du français au xvi* et au xvii* s., est la Guirlande des Jeunes filles^ qui est originaire des Pays-Bas, mais dont une édition allemande, due à Abraham des Mans, a été imprimée à Cologne, en 1597 (Lehmann, o. c, 11).

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