Id., ib
5. Adélaïde, fille de Victor Amédée, duc de Savoie, et de Christine de France, fille d'Henri IV. Elle avait pour dame d'honneur M"* de la Perouse (Chappuzeau, Relat. de là Cour de Bavière^ 103).
6. Voir Chappuzeau, Relation de V Estât présent de la Maison Electorale et de la Cour de Bavière, Paris, 1673, 8», p. 6. Cf., 73, 79, 84,87.
7. Id.,i£)., 91-92. On vit même des Jescendants de réfugiés entrer dans des familles princières. Un fils de M"* dlngenheim, Daniel, que les Réfugiés appeloient d'Ingenheim le Prince, épousa en 1703 la princesse Marie Anne Jeanne, fille de Charles, land> grave de Hess-Rheinfels, de la branche de Wanfried (Erman, o. c, IX, 160. Elle était née le 8 janvier 1686).
Conclusion. — Les pamphlétaires allemands ont vivement pris à partie les princes qui contractaient de pareilles unions, et les ont rendus responsables de l'invasion de l'esprit français *. Cela est exagéré, les relations de famille ainsi créées, si grands qu'en aient été les effets directs et indirects^ demeuraient des événements locaux; ils ne suffisent pas à expliquer l'engouement qui avait pris l'Allemagne tout entière .
On sait du reste comment l'ambition démesurée de Louis XIV compromit de bonne heure les résultats obtenus en Allemagne et y fît naître une hostilité générale contre la France. Les querelles, la guerre ouverte, ne tardèrent pas à survenir et à bouleverser les relations les plus anciennes. En Hesse, Ernest-Louis de Hesse- Darmstadt resta fidèle à la cause impériale, et la France le lui fit payer très cher. Dans le Palatinat, si anciennement engagé envers la France, le mariage d'Elisabeth Charlotte au duc d'Orléans (1671) semblait devoir créer un ^lien nouveau. Ce mariage servit à Louis XIV pour appuyer ses prétentions et fut le prétexte de la conquête du pays, que de sauvages exécutions désolèrent (1674, 1687). Depuis l'annexion de Blamont et de Montbéliard, le roi de France était brouillé avec le Wurtemberg. Les Cercles de Bavière, de Souabe, de Franconie, entrèrent dans la ligue d'Augsboui^, et ainsi de suite. A l'époque de Ryswick, l'Allemagne effrayée s'est retournée tout entière du côté de Vienne. La politique française a échoué. Or, malgré cela, Texpansion de la culture française continue et augmente. Si elle avait varié en fonction des succès du Roi, la fin du xvii* siècle en eût marqué l'arrêt et même le recul. Tout au contraire, après la rupture, certaines cours nous font une guerre acharnée, qui accueillent en même temps avec plus de chaleur que jamais, nos idées, nos modes, notre littérature. Louis XIV battu semble sur le point de perdre jusqu'aux conquêtes de Richelieu, et notre langue, poursuivant sa glorieuse ascension, voit s'ouvrir devant elle des palais qui étaient restés fermés. Massillon l'a dit avec recherche et emphase, mais, somme toute, assez justement : « Devenue plus aimable, à mesure qu'elle devenoit plus pure, [elle]
1. Ccsi dans les cours aUemandes surtout que la providence royale sait à propos placer la Dalila qui efTéminera et ligotera Samson. Avant de mettre en route les princesses françaises, on a soin « de les munir de toutes les instructions qui leur permettront de se rendre utiles et agréables à la politique royale. Gr&ce à radresse des Circés françaises, que de héros allemands amollis et démoralisés ! Tel, par exemple^ le bon duc de Bavière qui, délaissant complètement les traces de feu son père.. . se laissa séduire par les caresses féminines et ensorceler par les fraudes et les conspirations étrangères » [Geisl von Frunchreich^ dans Gillot, o. c, 114).