‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 27 sur 352 · O. de Varennes, Le Voyage de France · texte numérisé non relu

O. de Varennes, Le Voyage de France

2. Celle façon de j ug|:er les palois du Midi est assez commune. Les élran^ers sont frappés de Tanalo^^e avec les aulres langues romanes ou avec le lalin. On lil dans un Mémoire de la généralUé de Moulins, 1698, donl l'auleuresl l'intendanl Le Vayer, et qui a été publié par Flamenl: «« Le langage des i>aysans de ce pays et de ceux de (îuéret est si corrompu que ceux qui n'y sont point accoutumés ont besoin d'inter^ prèles et de truchements pour l'entendre. Il y a beaucoup de mots de latin corrompu dont ils se servent » (p. U). A Varambon, le 20 mai 1665, Locatelli et ses compagnons descendent dans une auberge, où l'on parlait un langage un peu difTércnl div français et mêlé de savoyard {Voi/. de Fr., 261-262). Les palois de langue doui causent une surprise plus grande. Un Mémoire dont je parlerai souvent à pi*opos de l'.Vlsace, dit du langage de Delfort «... la bourgeoisie suit les coutumes d'Allemagne soit pour la cuisine, les poêles, la monoye; mais pour le langage, c'est un palois, qui n'est ni françois ni allemand, qui lient pourtant de tous les deux, et que tous deux n'entendent point. Ils appellent ce jargon là le Romain » (De L'Hermine, Mémoires, de deux voyages et séjours en Alsace, 2\6). Kntre Hallersdof et Dannemarie. de L'Hermine n'arrive pas à bien comprendre le langage «l'une vieille paysanne « quoiqu'on y parle une espèce de françois » (//?., 211).

j'entends assez bien ces deux langues, j'y ai quelquefois recours pour entendre les autres et pour me faire entendre. Mais il arrive souvent que j'y perds toutes mes mesures, comme il arriva hier, qu'ayant besoin de petits clous à broquette pour ajuster ma chambre, j'envoyai le valet de mon oncle en ville, et lui dis de m'acheter deux ou trois cents de broquettes : il m'apporta incontinent trois bottes d'allumettes ^ »

Je ne citerai plus qu'un texte, mais il en dit assez. Quand la Cour •envoya des ecclésiastiques pour prêcher les « nouveaux-convertis», Tévêque du Vivarais leur dit: « Si vous ne savez pas le patois, que venez- vous faire ici, sots que vous êtes? ^ »

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