‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 285 sur 352 · Id., ib., n« 213, n · texte numérisé non relu

Id., ib., n« 213, n

traité delà Manière d'écrire les lettres (p. 76 etsuiv.). Quelquefois ce senties suscriptions seules qui sont indiquées, ainsi chez Lermite dit Du Buisson {Gram, nouvelle).

L'habitude de correspondre en français est alors vraiment généralisée, et Grimarest n'a rien exagéré quand il a dit : « Aujourd'hui notre Langue est la Langue de l'Europe pour le commerce de Lettres. Dans les Pays étrangers on entretient ses correspondances en François sur toutes sortes de sujets * . » En Allemagne au moins, cette habitude était fort répandue. Il ne faudrait pas croire qu'elle n'a produit que des essais ridicules. Sophie-Charlotte tournait un billet comme une dame française, avec autant de vivacité que d'esprit, et parfois de malice. Elle était leur rivale et non leur singe ^.

Même dans les lettres en allemand, on usait des titres et de diverses formules françaises : Monsieur, Mon cher ami, Madame^ Mademoiselle, papa et mama. Leibnitz employait l'expression, mon cher patron, en s'adressant au vice-chancelier Hugo et à d'autres correspondants ^. Des souscriptions aussi étaient françaises : très humble ou très obéissant serviteur. Le moi adieu devint courant • La Palatine, qui voit avec déplaisir qu'on affecte ces façons et ces termes, n'en avoue pas moins qu'ils sont d'un usage si général qu'il est difficile de ne pas s'y conformer *.

1. Com. de leilreSy9. Cf. Steinhausen, Geschichte des deatschen Briefet^ Berlin, 1889, in-8% 2« part., 3« I., 16, 17 et suir.

2. Voici un échantillon cité par Erman, Éloge historique de Sophie-CIiarlotte^ 3* part., 29. (Lettre inédite communiquée avec 21 autres à Erman par Frédéric Guillaume II) : <i Certain philosophe abhorre le vuide, et nK>i, chère Pôil- DÎtz, le plein. J^avois hier à ma cour deux Dames, la B. et la Y., grosses jusqu'aux dents, maussades jusqu'au sommet, et sottes jusqu'aux talons. Mais, ma chère, soupçonnez-vous que Dieu en créant de pareilles espèces les forma à son image? Non, il fil un moule tout exprès et très-différent, pour nous apprendre le prix des grâces et de la beauté par comparaison. »

3. Steinhausen, o. c, 2« partie, 24-25 ; cî. 28, 33, 70, 81 et 223.

{. M De mon temps, Tusage était de mêler à Taltemand quelques mots de français : je le fais quelquefois, car il faut bien se conformer à l'usage, mais je ne puis souflHr qu'on le fasse par affectation (Curr. de la duc, d'Orléans, éd. cit., leit. à la comtesse palatine Louise, 10 juin. 1699, I, 38). Cf. « Vous me faites rire arec votre répugnance à insérer dans vos lettres des mots français; c'est, du reste, une très-sotte habitude que des gens ont prise, comme si l'allemand ne suffisait pas pour exprimer toutes les idées ; je crains qu'à la longue l'allemand ne se corrompe au point de ne plut être une langue du tout » (Ead., iJb., 29 avril 1704, I, 74).

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