‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 286 sur 352 · CHAPITRE XIII LES MOTS FRANÇAIS EN ALLEMAND · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII LES MOTS FRANÇAIS EN ALLEMAND

Écrits macaroniques. — A en croire les moqueurs, la langue allemande aurait été envahie et aurait dégénéré à cette époque en un mélange étrange et macaronique d'éléments empruntés et d'éléments indigènes. Assurément, même en dehors des correspondances, il est facile de citer des phrases barbares : Un écrit, publié à Toccasion de la célébration de la paix de Westphalie, contient cette phrase : « Ein cavalier ist, welcher ein gut courage hat, maintenir t sein état und réputation und gibt einen politen courtisanen ab *. » Croirait-on que Christian Weise luimême en arrive à imprimer ime phrase comme celle-ci : « irraisonnable Expédition von einem Cavalier.., Allein wer mir Gage gibt, dessen Ordre muss ich pariren ! ^ »

Les parodistes avaient beau jeu, et ils ne manquèrent pas, comme Ton pense, de profiter de Taubaine, et de rimer de petits vers « à la mode » :

Rêver ir te Dame y Phœnix meiner ame^ Gebt mir audienz :

Euer Gunst meriten Machen zu falliten Meine patienz ^.

Clajus, membre de l'Ordre des fleurs de Pegnitz, s'est amusé plusieurs fois à contrefaire le style des galants :

Maîtresse moines Leibs, Princesse meiner Glieder, Altesse meines Glûcks, Duchesse meiner Lieder, Luceme meines Thuns, Arzt meiner Nullilnt, Die meinem Sensitif em gûidnes Cabinet, Ein Ordre meiner Ruh und meines Tod's Oracul.

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