Schulz, o. c, 34 et suiv
Plus tard d^autres réunions analogues se formèrent *, Mais faute d'être soutenues comme en France par le pouvoir, souvent aussi parce que leurs bonnes intentions ne les sauvèrent pas du plus mauvais goût, elles se rendirent ridicules, et tombèrent dans un complet discrédit. Eussent-elles eu de meilleurs guides, qu'elles eussent succombé dans une lutte inégale, alors que leurs propres membres, un Huber, un Zesen, un Rist, Grimmelshausen lui-même tirait des œuvres françaises ou bien Fessentiel, ou au moins des éléments importants de leurs œuvres ^,
Satire de la gallomanie. — Opitz avait déjà écrit (1617) sur le mépris de la langue allemande, qu'il voyait avec désespoir affublée d'une coiffure romaine, d'une mantille espagnole, une gaze sur le sein à l'italienne, et la taille serrée dans une robe k paniers française, avec l'air d'une mouche dans la peau d'un éléphant. Comme la satire fut un des seuls genres de littérature vivants en Allemagne au xvu« siècle, on imagine facilement qu'elle n'épargna point l'Allemand gallomane. Moscherosch a commencé dans ses visions de Philandre à stigmatiser les « effeminatissima virorum pectora », qui se laissent attirer par les Français, au point de n'avoir plus de cœur, plus de volonté propre. » La volonté des Français est leur volonté ... le langage des Français ... est leur langage ^. Logau lança lui aussi aux « singes de la France » des traits aiguisés. « Les domestiques, dit une de ses épigrammes, communément, portent la livrée de leurs maîtres. En sommes-nous là, que les Français sont nos maîtres, et que l'Allemagne est leur domestique ? Le pays allemand est pauvre ; sa langue peut l'attester, elle qui est si misérable qu'on est obligé de lui apporter du bord du Tibre ce dont elle a besoin *. »
Grimmelshausen, qui eut le rare mérite de se garder de la con-
1. Ainsi ï Ordre da Cygne de VElhe (EIbschwancn-Ordcn) créé par Rist en 1656 selon Gnicker (o. c.« I, 129), en 1660, selon Schulz (o. c, 46) ; VOrdre des pigeons couronnés de ùuriers (belorbeerten Tauben-Orden) créé par un médecin d^Ëisenach (Paulinus) (Schulz, o. c, 48); la société d'exercices allemands {TealschÛbende Gesellschafl) fondée à Hambourg (Id., i7)., 49); la société germanophile (Deoftc^ Hebende Gesellschaft) fondée en 1680 par Ludwig Prasch, la Société AUemande, fondée en 1697 par Burkard Menke, appelée aussi Société de Gôrlits (Grucker, o. c, 130- 131).