‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 301 sur 352 · Honegger, o. c · texte numérisé non relu

Honegger, o. c

4. Grucker, o. c, 70. Cf. « Quiconque ne sait pas parler français n'est plus un homme comme il faut. Il ne nous reste plus qu'à condamner ceux dont nous sommes issus, dont le cœur et la bouche ne s'exprimaient qu'à l'allemande >» (Reynaud, o. c, 249).

tagion, tout en s*inspirant de modèles français — on compte qu'il n'a guère employé que 131 termes étrangers — était agacé de toutes ces affectations, surtout quand il les rencontrait dans un monde où en réalité le français n'apprenait rien à personne, et où on se donnait des airs cultivés moyennant quelques mots ramassés çà et là : « A peine certains d'entre nous ont-ils perdu le jaune derrière les oreilles et fini d'épeler, dit-il, qu'on les voit apprendre dare-dare le français. Bien plus, on s'en va en France et on y dépense autant et plus qu'on ne vaut et que ne vaut la langue de ce pays. . . Les marchands ne savent plus affirmer ni confirmer quoi que ce soit au moyen d'un versichert, d'un fiïrivahr, ou encore d'un es ist ffewiss, non, il faut qu'ils recourent tout de suite à un ma foi ou knnpar ma foi, ou à un par Dieu, On ne peut plus appeler personne Herrj non, il importe d'aller vite chercher un Monsieur^ et, ce qu'il y a de pire, dans cet usage, c'est que bientôt le premier butor venu se fera interpeller ainsi et voudra être appelé Monsieur^ comme tout le monde. On ne consent plus à dire des Herrn Diener, mais seulement serviteur, Monsieur, ni mein Bruder, mais mon frère ou votre cher frère. Qui pourrait énumérer tous les exemples de cette corruption de notre langue allemande ? • »

Pamphlets et pamphlétaires. — Dans les pamphlets politiques, dont M. Gillot vient de nous donner une analyse systématique, la pernicieuse influence de notre langue a été, cela va sans dire, dénoncée avec virulence ^. Une des pires aberrations de la francomanie aux yeux des émules de Lisola, c'est la superstition qui pousse les Germains à sacrifier leur langue nationale en faveur d'une étrangère. 11 y a quelques bons livres en français, on ne saurait le nier. Il conviendra de les mettre en allemand. Passe encore que quelques-uns apprennent le français pour les lire, mais que penser de ceux qui se donnentcette peine, ou confient leurs enfants à des Français, engeance pervertie, ou même les envoyent à grands frais en France, eh pleine corruption, simplement pour avoir cette supériorité sur leurs compatriotes de savoir une langue à la mode 3. Cette langue n'est après tout que du latin déformé, un parler estropié puisque d'un mot on ne prononce parfois qu'une lettre ou de toute une ligne que quelques

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