‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 305 sur 352 · Curiose Gedanken, 311, dans Grucker, o. c, I · texte numérisé non relu

Curiose Gedanken, 311, dans Grucker, o. c, I

le DictLoxinaire de Tusage composé par TAcadémie, et les Dictionnaires des Arts de Th. Corneille ou de Furetière ^ et il voit avec la même justesse quelle part revient à ces réunions où on s'est donné pour loi de bien parler, car, pour régénérer une langue, il faut avant tout la bien parler, et dans leurs réunions les Français s'efforcent à tenir des conversations spirituelles, et à s'occuper des ouvrages d'esprit », tandis que les Allemands préfèrent la boisson et le jeu 2.

D'autre part, il a l'esprit trop large pour ne pas rendre justice à la bienfaisante influence que les civilisations étrangères ont exercée sur TAllemagne. Elle est redevable aux Italiens et aux Français. De ces derniers, elle a appris une discipline militaii*e plus sévère, et une vie sociale plus aimable, plus souriante. « Le sérieux des Allemands a été tempéré d'une bonne dose de gaieté » ; leur façon de vivre a connu le bien-être, le confort ménage. En ce qui concerne la langue, elle a été enrichie par un certain nombre de tours de phrase transplantés comme des plantes exotiques ^.

Certes, c'est un grand mal pour l'allemand et pour rAllemagne, que l'abus des gallicismes : « Les langues ne s'altèrent profondément qu'à l'époque des invasions barbares, des désordres intestins, ou des conquêtes étrangères^. « De nos jours,... le prédicateur dans la chaire, l'homme de robe au barreau, le citoyen dans ses écrits et sa parole, corrompt sa langue par un méchant jargon français. » Et par là s'ouvrent de tristes perspectives. <i Si l'on persévère dans cette voie, et que l'on ne fasse rien pour s'y opposer, l'allemand ne disparaîtra pas moins de l'Allemagne, que l'anglais de l'Angleterre. » Or « l'adoption d'une langue étrangère entraîne ordinairement la perte de la liberté, et l'imposition d'un joug étranger ^. »

Sans haine, mais non sans chaleur, Leibniz souhaite donc qu'on s'applique à la régénération de rallemand. Déjà -dans son Avertie- »ement aux Allemands^ il avait opposé la vraie langue et les vraies mceurs allemandes à la corruption contemporaine et à l'engouement pour tout ce qui est étranger ^. Toutefois les dil&eultés de cette

1. Unvorgreifliche Gedanken betreffend die Ansûbnng and Verbesserung der TeaUchen Sprache, 1697, p. 21-22 (dans Collectanea etymologica, Dulens, VI, 11, 1768).

2. Plan zu einer deulschliebenden Genossenschaft (éd. Fouch. de Gareil, VU, 373). Cf. Id., VII, 79 et 224.

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