‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 304 sur 352 · Das ver furie Teuischland, dans Gillot, o. c. 2iO · texte numérisé non relu

Das ver furie Teuischland, dans Gillot, o. c. 2iO

2. Stieler, Vorrede des Teatschen SprachschRtzes^ Nûrnberg, 1691, dans Radlof. o. c, 20-21.

3. De Vimilaiion des FrançRis, 19, dans Grucker, o. c, I, 346. Rcynaud, o. c, 227 cl note 1, rapporte que dès 1687. Thomasius avait traité dans sa première leçon de la façon d'imiler les Français dans la vie commune.

i. Les Français sont, dit-il, les plus habiles gens de notre époque; ils savent donner la vraie vie à toutes choses (Grucker, o. c, I, 342).

L OPPOSITION 38t

tantes ^ Et prêchant d'exemple, il fondait une revue allemande : Monatsgesprache uher ailes, diaprés les Nouvelles de la République des Lettres. Dépassant même en audace tout ce qui avait été fait en France, il exerçait les élèves de l'Université de Halle à écrire dans la langue nationale, en allemand, et en 1688, il afRchait au programme un cours allemand, au grand scandale de quelques-unsqui s'écriaient que jamais ce tableau noir n'avait été souillé par uiv tel sacrilège 2.

Sans avoir la valeur de Thomasius, Harsdœrfer, qui a eu aussi le souci de régénérer la langue nationale, montre également beaucoup de sagesse. Il convenait, suivant lui, de démêler ce qui, des apports étrangers, était déjà naturalisé, et ne pouvait plus être rejeté sans dommage. Mieux valait accepter des mots comme trompeté^ muskete, au lieu d'essayer ridiculement de les traduire 3. « Ces étrangers, dit-il, seront considérés non comme des enfants du pays,, mais comme des amis, des alliés, des citoyens sans droit de cité [Pfahlbùrger), qu'on n'a aucune raison de chasser. » Weise jugeait la question avec autant de calme bon sens. « Vouloir traduire en allemand tous les mots d'origine étrangère, c'est s exposer à être moqué et à n'être pas compris », et il ajoute : « ce qui est compris de tous les Allemands est suffisamment allemand ^. »

Leibniz et la langue française. — Thomasius avait eu Leibniz pour élève. En employant notre langue aussi bien que le latin à l'expression des plus hautes pensées que puisse concevoir le cerveau de l'homme dans les sciences, la métaphysique, la politique, la religion, celui-ci marque déjà assez le cas qu'il en fait.

Mais Leibnitz n'était étranger à aucime question. Sans être au sens moderne un linguiste, il avait réfléchi et travaillé sur les langues, leur structure et leurs caractères. Il ne s'agit point de le présenter ici comme un défenseur et un apologiste du français, ce qui serait un ridicule paradoxe. Il combat pour Tallemand, mais il apprécie en connaisseur le travail auquel le français a été soumis, et qui lui a donné tant de délicatesse précise et de grâce ordonnée. Chose qui surprendrait chez un savant ordinaire, mais rien n'étonne chez cet homme universel, il se rend compte à la fois des services que rend

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