‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 318 sur 352 · Yoir la fin de la note précédente · texte numérisé non relu

Yoir la fin de la note précédente

4. « A cause que vous estimez qu'il faut respondre en Latin, vous auez creu de me mettre en grande peine, que ie serois forcé de mandicr voslre assistance pour en sor. thr où que vous auriez le plaisir d'y faire différentes censures, comme vn Précepteur qui corrigeant le Thème de son Escolier, luy moustre comme il pourroii mieux faire, afin que chacun soit forcé d'admirer le grandissime auantage que vous auez sur tous les hommes dans la connoissance delà langue Latine : ie ne fais point pi*ofessiond"estre sçauant ny grand personnage, mais i*entends (grâces A Dieu) le Latin, et l'en parie assez médiocrement. Si vous voulez vous informer des premières charges que j'ay exercées, vous trouuerez que ie n'ay pas vescu dans la fainéantise des jeunes Conseillers du grand Conseil, où vous auez faict vostre apprentissage. Vous sçauez que i'ay Houuent faict des harangues publicques en diuerses sortes de langue», et i*y puis aiouster sans pécher contre la modestie, puis qu'il faut me lauer d'un soubçon que vous voudriez donner de mon ignorance, que c'a esté auec quelque réputation d*doquencc (Lett. de Serv. A d'Av., dans Lett. de d'Av. et Serv., 168). Cf. Aff. Ktr., AUem., Corr., (^357 V et 3M.

b. Fr. Ogier, Journal, 110.

6. A Osnabrùck, M. de la Thuillerie, qui, en Hollande, devait se servir ordinairement du français, avait pris soin de faire venir de Paris M. de la Péreyre, un huguenot, <i pour être sa langue et sa plume en pays de latin » (Pr. Ogier, Joumml^ 64; cf. sur de La Péreyre celle Histoire, t. IV, p. 121).

propos de langue ne s'explique par lembarras où auraient été les Français de parler latin.

Il était du reste nécessaire que nos plénipotentiaires fussent bien préparés sous ce rapport, car, si la langue française joua son rôle au Congrès, ce rôle fut extrêmement modeste, et comme en dehors. Elle parut surtout dans les visites et dans les réceptions, où la courtoisie a une grande place, peut et doit même parfois se donner librement carrière, à condition de ne rien engager ni compromettre. Dans cet esprit, on vit certains des envoyés impériaux ne point faire difficulté de parler français à nos ambassadeurs. Le samedi 21 octobre 1615, quand le duc de Longueville eut rejoint l'ambassade, les Impériaux lui firent visite. Le duc comprenait le latin, mais ne le parlait pas. Le principal envoyé impérial, comte de Nassau, commença par parler d'abord en français, avant de continuer en latin. Le 24 le duc de Longueville fit la « Revisite » et tint un charmant discours en français ; le comte de Nassau lui répondit, en français aussi, tandis que Tautre envoyé impérial, Volmar, se servit du latin *.

Il est encore plus significatif de voir parfois des étrangers, les plénipotentiaires de l'Empire et celui de l'Espagne, Zappada, s'entretenir dans notre langue ^. Mais il faut se garder d'attribuer à ces faits une signification exagérée. Le 6 novembre 1643, le même ambassadeur espagnol avait une réception : le comte de Nassau, envoyé impérial, lui parla encore français, mais le D' Volmar parla italien et Saavedra espagnol, tant que durèrent les compliments ^, Si on y regarde de près, l'envoyé impérial qui parle et auquel on parle français communément, c'est toujours le comte de Nassau *. Or nous savons par les Sainte-Marthe que les comtes de Nassau correspondaient avec la France en français. Il y a peut-être là dès lors un fait particulier ^. L'autre plénipotentiaire, le D*" Volmar, soit

1. Acla pacis Westphalicœ (II, 61-62). Je citerai clans la suite ce recueil avec Tabréviation A. p. W.

2. Celait au début des négociations, le 27 novembre 1643, les envoyés impériaux faisaient leur visite à Tenvoyé espagnol Zappada ; de chaque côté on parla français (A. p. W.y I, 57). Le 11 mars 1644, l'envoyé français, le comte d' A vaux, reçoit la visite des envoyés impériaux. Volmar le harangue en lalin. D'Avaux répond en français (Ib., I, 192).

Page 1