Hi$t. des trait, de Westph., 4% II
3. En 1646 il s'entretenait en italien avec l'évéque d'Osnabrtick, le nonce, les Vénitiens (Aff. Etr., Alleni., Corr., 73, f» 363 v° et 364).
4. « Ils (les gens des Etats à La Haye} m'ont parlé Latin et moi à eux » [Let. à la Reine, le 18 mars 1644. Négoc. de Munster, II, p. 4, col. 2). Cf. Aff. Etr., Allem., Corr., 35, f" 16 y". A Munster même, il répond par une harangue latine improvisée aux bourgmestres qui le reçoivent (Nég. secr., I, 248). Cf. Fr. Ogier, Journal, 53.
5. Dans les lettres-pamphlets qu'il écrit contre son collègue» Servien lui reproche à plusieurs reprises ce purisme. Déjà, p. 74 : « lors que vous sortez de vostre estude, et que quelque pièce Latine ou quelque harangue vous y font soulTrir les travaux de l'enfantement, vous avez l'esprit si distraict... qu'on ne peut rien faire qui ne vous blesse » {Lett, de d'Av. et Serv., éd. 1650, in-12», 74). Ailleuri», il l'accuse d'avoir rayé, par une délicatesse de latiniseur, les mots Sacra Majestas Christianissima, qui eussent honoré le roi de France. « Il me semble que cela n'eust pas esté peu advantageux pour le Roy, encore que c'estoit des termes dont Ciceron ne s'est jamais seruy dans ses espistres familières. Monsieur de Sainct Romain ne me sceut dire de vostre part autre raison, sinon que ce n'estoit pas de bon latin, et que c'es-
comme un docteur ^ A roccasion, loin d'être un tenant exclusif du français, il devenait Tapolc^iste du latin, et professait qu'on ne pouvait être bon ambassadeur en pays du Nord sans parler latin et allemand '^.
Servien était-il aussi bon latiniste que son collègue? Il ne le prétend pas lui-même. Le comte d'Avaux estimait que les connaissances de son second n'allaient pas fort loin 3, et celui-ci se défendait de cette accusation en des termes assez vagues^. Fr. Ogier, écho de son maître d'Avaux, insinue aussi que Servien évitait les dîners où il y avait trop de latin et trop de poisson pour son estomac ^. Quoiqu'il en soit, nos ambassadeurs étaient pourvus de secrétaires bons clercs 6, et aucune des questions qui se posèrent à
ioit une façon de parler Allemande, il ne s'en faut pas estonner, puisque c'est chez eux qu'est aujourd'huy l'Empire ; cependant, pour rendre une période plus carrée, vous avez voulu perdre cette occasion d'apprendre aux estrangers que cet honneur appartient aussi légitimement à nostre Maistre qu'A l'Empereur » {6 août 1614, Letl, de d'Av. et Serv,, 123-124).
1. « le ne crois pas auiourd'huy que la délicatesse de la langue Latine doiuecstre nostre principale obligation. Caton a faict autresfois des choses plus dignes de louanges et plus vtiles à la Republique, que d'esludier une langue estrangere àTaige de cinquante ans. Croyez moy, Monsieur, ne faisons point de parade de nostre Latin, il y a une infinité de Pedans, dans rVniuersité de Paris, qui parle mieux ny que tous ny que moy... » (Lell. de Serv. à d'Av., en 1644, dans LeU, de <f Av. et Strv., 168-169).
2. « Il (Servien) faict aussi injure à l'Université de Paris, et a tant d'à uerston pour la langue latine, qu'il iraicle auec mespris ceux qui l'enseignent et ceux qui la seaueoL.
En cet endroict. Madame, je me sens obligé de vous dire très véritablement qu'elle n'est pas pourtant à mespriser. Monsieur Monllnc et Monsieur de Pibrac Tont employée autres fois tres-utilement pour l'Kstat, et il est hors de double que sans parler Latin ou Allemand, il est impossible de bien servir le Roy en Allemagne, ny dans tout le nord, il n'y a que le seul Monsieur Servien qui s'en puisse passer, il n'appartient qu'A luy de faire honneur et service A la France dans un païs d'où il ne scait pas la langue, ny aucun usage d'un[e] autre qui y est fort commune » (Lett.de d^Av. A la Reyne, 18 aoust 1644, dans Lett. de d*Av. et Serv., 19*7-198).