L'Esclache, Làverit. orth,, 63 cl
méthodique de Denis Vairasse d'Alais (1681), le Génie de la langue française de d'Aisy (1683), la Manière de parler de Renaud (1697), les Commencements de la langue française de Richelet (1698). Aucun de ces manuels n'a une importance véritable ; aucun ne synthétise le travail grammatical accompli. C'est à l'étranger seulement qu'on réunit et qu'on ordonne toute cette immense matière. Rien chez nous qui puisse se comparer à VArt de bien parler français^ de M. de la Touche, qui est un excellent manuel, mais qui a paru à Amsterdam et qui est destiné aux Anglais.
Le public, je crois, allait aux sources. D'autre part, s'il ne haïssait pas le pédantisme, il en haïssait l'extérieur. Des livres d'appa- ^^rence écolière ne plaisaient pas à des adultes. Vaugelas, pour don- ' ner plus d'attrait à ses Remarques^ en avait ôté tout ordre méthodique. Après lui, les observateurs firent de même. Qu'était-il besoin de l'appareil dogmatique des grammaires ? Il ne s'agissait que de perfectionner une connaissance naturelle, et des observations éparses. y semblaient mieux convenir qu'un corps de doctrine.
On professait que les langues vivantes s'enseignent non par de& préceptes, mais par l'exemple et la lecture. A plus forte raison , quand il ne s'agissait que d'améliorer ou de parfaire la connaissance qu'on avait de la langue maternelle. Des conseils épars sur quelques, points, même s'ils formaient, sans en avoir l'air, un ouvrage « de système », étaient mieux appropriés aux besoins.
Il faut ajouter que les livres « bien écrits » contribuaient, en qualité de modèles, à l'éducation grammaticale. Et ils étaient innombrables. On considérait en elfet comme tels non seulement lesouvrages de nos classiques, à l'exception de quelques-uns que lespréjugés du temps ne permettaient pas de mettre en si belle place, mais encore toutes sortes de publications médiocres dont la liste irait des Traductions de d'Ablancourt et de Y Histoire de l'Académie de Pellisson aux Conversations galantes de Bary.
En province. Ignorants et retardataires. — L'éducation grammaticale des provinces était autrement difficile à faire. Ce n'est point que le goût du beau langage y ait manqué. Si au xvii** siècle, par suite de la centralisation, la production littéraire s'y ralentit, une élite pourtant y aima les lettres françaises. Le monde cultivé ne pouvait être réuni tout entier à Paris et à Versailles.
Mais aucun raisonnement ne tient lieu de faits, car certains, déjà connus, prouvent que le discernement manquait encore. A Rennes, par exemple, au lieu d'imiter Paris, on copiait