Voyages, éd. Tenant de Latour
3. Gr. Jours d'Auvergne, éd. S»«-Beuve, Paris, 1862, p. 50 et suiv.
4. Lettre de Bosquilion à M''* de Scudéry sur lu mort de Tabbé Boisot. Journ. de» 5at>., 1695, p. 260.
5. Chapelain avertit le R. P. Le Bossu à Chartres que son style n'est pas pur et qu'il aurait besoin de lire Balzac, Ablancourt, Giry (Chapel., Lelt., II, 823). Sur Moisant de Brieux, j aurai à revenir plus loin. On lui eût fait de la peine, en considérant « son Académie » comme une simple réunion mondaine. M. de Montaigu, doyen du présidial, consulte Chapelain sur des minuties de langue (Id., Ib., II, 790).
CONFÉRENCES, CERCLES El SALONS 71
y en eut un à Castres, en 1648, dont les procès-verbaux existent encore, groupe de latinistes, dont le chef, Spérandieu d'Aiguefonde, traduisait la « Pucelle » ^ M. Jacquet'^ a montré que Dijon en possédait un autre, où se rencontraient des amateurs de belles-lettres. Le beau langage était un des objets de leurs études et de leurs entretiens.
Que ces groupes aient eu plus de bonne volonté que de compétence, c'est ce qui ne fait point question. A distance, quelque application qu'on y donne, il est difficile dans les choses d'esprit et d'art qu'une conformité de goût arrive à s'établir parfaite et universelle. Et cela est fort heureux, du reste. Les Dijonnais érudits pouvaient être des puristes, ils le voulaient même sans doute, ils n'étaient pas des puristes complets. Ménage était fort en honneur parmi eux, Bouhours aussi. Je vois que La Monnoye le cite comme le correcteur dont le style de Bussy aurait besoin 3. C'est donc que le nom, les remarques peut-être même du jésuite lui étaient connues. Or, elles ne l'ont pas empêché d'écrire ses Noëls, qui ne sont point d'un puriste, et où le patois, si méprisé de Bouhours, joue un rôle essentiel. Dans un excellent chapitre de son livre, M. Jacquet montre du reste combien dans ce monde des grandes villes de province, où les hommes de robe et d'administration tenaient une place si considérable, les traditions de style du xvi® siècle se conservèrent, à la faveur de Téducatlon gréco-latine.
D'autres recherches ont donné des résultats analogues. Celles de M. Latreille sur le Dauphiné établissent qu'à Grenoble, dans la « société polie », on a eu des goûts littéraires. On y a aimé Balzac, Faret, on y a écouté Molière. Chorier avait été en relations avec Pellisson, Boileau, Bossuet, Fléchier. Mais aucune mention chez personne de Pascal, de La Fontaine, ni même de Racine. Pour le premier, soit^ les jésuites tenaient fortement le Dauphiné. La Fontaine n'était goûté que d'un groupe de délicats. Mais comment expliquer l'ignorance où on restait du maître de la tragédie? Rien ne montre mieux combien on avait peine, malgré les voyages, les correspondances et les livres, à suivre le mouvement*.