‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 57 sur 352 · ROLE DES ACADÉMIES DANS LA DIFFUSION DU BEAU LANGAGE SS · texte numérisé non relu

ROLE DES ACADÉMIES DANS LA DIFFUSION DU BEAU LANGAGE SS

famés d'esprit, qu'il n*oseroit employer sans le passe-port de TAcadémie, aveindre par exemple, chachatement et cinq ou six autres de mesme. On s'entretient longtemps de cette différence establie par M. de Vaugelas et bien d'autres observateurs de la langue françoise, qui se rencontre dans le langage ordinaire de la ville et celui de la cour, ce qui est permis dans la conversation et qui est nécesserement suivi par les bons autheurs, dans les chères et dans les livres. » Et toute la séance se passe ainsi sans que rien soit tranché. « On achève enfin par désirer généralement le dictionnaire tant attendu, que TAccadémie Françoise faict espérer despuis longtemps, ce qui metra sans doubte en repos ceux qui se meslent d'escrire et de parler dans les provinces, et déterminera les esprits au choix de telle ou telle diction ^ »

Tout ce monde sent qu'il ne peut promulguer le dogme et que celui-ci doit venir d'ailleurs, que faute de le recevoir, une réunion provinciale tombe dans les hérésies les plus grossières, même sur des questions de principe depuis longtemps vidées 2. Il y avait déjà quarante ans qu'à Paris on avait décidé d'arrêter non seulement le débordement, mais l'entrée des mots latins, quand Arles refuse de leur « donner Texclusifve ».

Le seul moyen eût été d'en référer chaque fois à Paris. Mais c'était là un parti bien humiliant, et eût-on tiré grand profit de cette soumission ? Les Soissonnais emportaient des remarques en échange de leurs harangues, c'est vrai, mais nous ne sommes pas assurés que ce fussent des réponses à des questions posées par eux. Il semble plutôt qu'on leur livrait telles quelles les décisions prises par un ou plusieurs bureaux, telles qu'on les trouve dans le Recueil de Tallemant.

Aussi, réduites à ne livrer au public qu'une science livresque et à n'exercer qu'une autorité indirecte, les Académies se résignaientelles le plus souvent à laisser sans réponse les questions qu'on leur adressait. On parcourt du moins les registres sans trouver ces réponses. Ou bien, ce qui est plus significatif encore, les Compagnies s'excusent de ne pouvoir résoudre le cas qu'on leur soumet. Le

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