JEuv.posth., 123, Sainte-Beuve, P.-iî., III
3. Cl. Fleury, Traité da choix et de la Mèih. des Élad., éd. 1724, 76-77.
vrer des manuscrits latins ou grecs et augmenter la connaissance ^ qu'on avait de Tantiquité, il se dégoûta de ces poètes « qui ressemblaient aux Anciens, comme les singes ressemblent aux hommes, » suivant le mot cruel de Leclerc ^ .
En vain Santeuil demandait-il à Perrault d'intervenir, lui promettant qu'on le paierait en gloire :
Fors etiam e nostro veniet tibi carminé nomen Qui das praeclaris Artibus unde vigent ^.
En vain penchait-il son urne pour recevoir quelques gouttes au moins de la rosée qui pleuvait sur les rivaux français.
Ille rigat patrias, quas proferl Gallia, lauros,
utinam Latias vel levis unda cadal!
Aspiceres factos inopino munere Vates,
Eruere e tenebris scripta sepulta suis ^.
Il n y tomba rien, et la renaissance promise n'eut pas lieu.
Dans leur malheur ce qui plus les offense, Est de voir que Colbert, insensible à leurs.vœux
N'a pas assez d'amour pour eux, Et semble à leur travaux refuser Tespérance ^.
Bayle, parlant des poètes de la Gn du siècle, disait qu'ils pous-^ saient « les derniers soupirs de la poésie latine » ^. Leurs plaintes se comprennent, on s'occupait encore un peu des vivants, mais les morts étaient oubliés aussitôt. TrivSte démenti à ceux qui arguaient de l'éternité de la langue latine ^ ! Présage plus triste encore pour les survivants !
Les LATiNEURS ET LES PARTISANS DES ANCIENS. — Quand la querelle des Anciens et des Modernes éclata, les partisans des Anciens eux-^. mêmes étaient à cent lieues de soutenir que pour honorer les Latins et les égaler, il fallait écrire dans leur langue. Il s'agissait de s'ins-^ pirer de Virgile ou de Térence, comme de maîtres admirables de la pensée et du style, et non plus de les continuer. Le latin était abandonné comme langue littéraire.