‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 6 sur 352 · I. Chapel., Ult, II · texte numérisé non relu

I. Chapel., Ult, II

3. DUsert. peripal, de epico c&rmine, dans Vissac, o. c, 274.

3. Quelques femmes lisaient des poésies latines, mais on en a vite fait le compte. C*élaient M**' de Sévij^né, de La Fayette, la duch. de Bouillon, la G*** Dauphine,^ Elis, de Rochechouart, abbesse de Fontevrault, M"'* du Pré, de Serment, Cheron.

verait à cette époque un seul exemple de ces éducations à latin forcée si communes au temps de la Renaissance, à laide desquelles on changeait en latinistes d 3 petits garçons qui en étaient encore à leur première paire déchausses. Les témoignages concordent sur ce point. Tanneguy Le Febvre, le père de M"*® Dacier, constate, en se demandant comment pareil malheur a pu arriver, que d'une multitude d'élèves des collèges, un fort petit nombre parviennent à une "^connaissance même médiocre du latin, après y avoir dépensé tant de ^temps et d argent K « Il n'y a plus que les docteurs, disait de son côté le Chevalier de Méré, qui sachent bien le grec et le latin ^. » Plaintes de pédagogues sans doute, et où il y a, je le veux bien„ de l'exagération, mais qui sont, au fond, justifiées.

Regrets des derniers fidèles. — Dès lors, l'apostrophe de Ronsard : « Comment veux-tu qu'on te lise, latineur? », fut reprise de cent façons. Fleury dit dédaigneusement : « On a crû que pour écrire comme eux (les Anciens), il faloit écrire en leur langue ; sans considérer que les Romains écrivoient en latin et non pas en grec, et que les Grecs écrivoient en grec, et non pas en egiptien ou en syriaque. On s'est piqué de faire de bons vers en latin, et même on en a fait en grec au hazard de n'être entendus de persone... En un mot on a crû que se servir des anciens c'étoit les savoir par cœur,... au lieu que pour les bien imiter il faloit choisir les sujets qui nous conviennent, comme ils se sont appliqués à ceux qui leur convenoient. ^ »

^ D'autre part, Colbert ne payait plus. Eclairé en cela comme en tout par son génie universel, il distingua sans peine le cuivre de

-4'or. Et tandis qu'il dépensait de l'argent sans ménager pour recou-

1. Voir Tanaquilli Fabri Cl. V. Claudio Sarravio epistola Salmur., nonis Maiis. MDCLII : « Quid causœ sil, Sarravi clarissime, cur cum infinita propc puerorum multiludo quotidie literarum profcssoribus in disciplinam tradatur, tam paucos. tamen repcrias, qui vel mediocrem aliquam illarum cognitioncm, post incredibilenv et temporis et pecuniœ facturam, assequantur ? (dans U. V. Châtelain, Foucgiic^ 35). II est vrai que Tanneguy Le Febvre avait une méthode à lui pour le latin, ce qui lerendait sévère pour celle des autres; en outre, il avait le droit d'être difficile; Chapelain le considérait comme un des meilleurs latinistes du royaume : « Il sera bon que vous luy escriviés (à Colbert) de cette manière qu*on ne sçauroit jamais lire sans, un fort grand plaisir dans la langue ou vous avés si peu d'égaux et qui fera tousjours vostre considération la plus grande. Ce n'est pas que, comme vous maniés vostrc^ langue naturelle, il y ait beaucoup de gens qui se puissent vanter de vous laisser derrière, mais c'est qu'il y a si peu de vrais escnvains en cette autre là que, quand vous, la préféreriés à la vulgaire, vous vous trouvères presque le seul qui y cxcelliés, et il est tousjours à désirer d'estre le premier ou des premiers dans la profession que Ton embrasse (Chapel., Lell.^ II, 323).

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