‹ Histoire de la langue française (volume 4)Chapitre 94 sur 352 · Anvers · texte numérisé non relu

Anvers

5. Par exemple, H. Henricius. Au cimetière de Sainte-Marie sous le Lys, 1579, Son manuel fut traduit en 1583.

6. A la veille du jour où un des plus grands dramaturges du monde fait représenter ses chefs-d'œuvre, Puttenham, dansT/ie Arle of English Poésie, 1589, croitencore devoir démontrer que la langue anglaise n'est pas moins expressive que celle des Grecs et des Latins, et qu'avec elle la poésie peut être un art. En 1581, George Pettic s'excusait aussi d'écrire en anglais (Charl., Vie soc, 165).

7. M. Jusserand me semble s'être trompé sur le motif qui faisait punir les écoliers.

çais n'était, malgré la tradition, qu'une langue vulgaire, obligée de disputer sa place à Titalien. Il n'y a aucune trace, à ma connaissance, de cours de français dans les écoles. Des maîtres privés, des voyages en France devaient suppléer tant bien que mal à cet enseignement. Et il est certain que les uns comme les autres n'étaient à la portée que d'un petit nombre de familles.

Premiers réfugiés huguenots en Angleterre. — L'intolérance religieuse des rois de France multiplia pour les Anglais les occasions d'entendre du français. C'est dans une famille réfugiée, chez les Mongoye de Crécy, que Sliakespeare y forma son oreille. Beaucoup d'autres ont tiré leur profit des « sujets du roi de France ».

Dès 1535-1536, quarante-cinq lettres de naturalisation avaient été accordées à des huguenots émigrés. En 1547, Cranmer permettait à Utenhovius de donner à Cantorbéry quelques prédications, en 1549, à Richard Vauville, de célébrer à Londres un culte en français. Des lettres patentes d'Edouard VI, datées de 1550, autorisèrent l'église française, dite Église Wallonne de Londres. «C'est à elle, ajoute Schickler, l'historien du Refuge, que la plupart des églises françaises du royaume uni et même d'Amérique doivent leur erigine et leur première organisation * . » Après les persécutions de la Reine Marie, les protestants furent remis en possession de leurs privilèges par Elisabeth, et désormais ce fut un afflux, tantôt lent, tantôt torrentiel, mais presque ininterrompu de huguenots. Depuis la Saint-Barthélémy, il prit le caractère d'une invasion ^.

L'Eglise d'Angleterre était soupçonneuse et tracassière, et il fut fort difficile aux nouveaux venus de maintenir leur indépendance religieuse. D'autre part les corporations, les villes aussi, sous prétexte d'hygiène, en réalité pour des raisons économiques surtout, se défendaient contre eux. De 1561 à 1573, ce fut une lutte perpétuelle, dont le résultat fut de disperser un peu partout les étrangers, même ceux qui étaient « denizens » (c'est-à-dire à peu près « admis à domicile ») ^.

quand ils parlaient anglais. Ce n*était pas le français qu'on voulait leur imposer, mais le latin Shakesp, en Fr., 23).

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