DiaL de Vorth
2. Gustave Masson, Mélanges^ Jean Bellemain maître de français du roiEdouard V7, dans le Bull de la Soc. de Vhist. du ProL /*r., 1866, t. XV, 2« série, l^ an., 138-145.
3. « Mr de Buzanval qui avoit résidé à Londres de la pari du Roy, en la contrefaisant, avoit dit que la Reyne (Elisabeth) parloit fort désagréablement François, disant souvent, mais avec un accent long et ridicule, paar DieUj paar maa foy. KUe en garda le souvenir, pour se vanger » (Du Maurier, Mem. hisl. Holl.^ 1680, 257). Elle savait aussi Titalien, Tallemand, le latin et le grec (J. J. Scaliger, Scaligerana^ 1695, 134).
4. lliccio succéda en 1661 à Uaullet comme secrétaire pour la correspondance française.
COLP d'œil en arrière 14$
ne possède que sa propre langue. Bacon employait le français pour écrire au marquis d'Effiat ; sir Thomas Smith, l'ambassadeur d'Elisabeth, imprimait à Paris, chez Robert Estienne. En Ecosse, Melvil, que Marie Stuart envoya à Londres, avait été élevé dans la maison du Connétable de Montmorency. Le virulent ennemi de Marie Stuart, l'Écossais Buchanan, amené en France par son maître Major, y a enseigné longtemps, et si le latin était son idiome professionnel, tout comme son traducteur Du Bellay, il goûtait la .« douceur angevine ». « Sermone comis », disait-il de la France.
La grammaire française en Angleterre. — Une preuve que le français était étudié chez nos voisins, c'est le nombre et l'importance des manuels composés pour eux dans le premier tiers du XVI® siècle *. C'est ici le lieu de rappeler les hommes dont j'ai déjà parlé : Barclay, Palsgrave, Duez, qui ont créé la grammaire française 2. Sans doute les gentilshommes pour qui ils travaillaient n'arrivaient pas tous au but, et Morus a pu se moquer de polyglottes qui parlaient toutes les langues avec laccent français, sauf la française. Ascham, dans la préface de son Toxophilus (1545), protestait aussi contre leurs prétentions 3. Je ne voudrais pas non plus laisser croire que les marcharids qui apprenaient le français pour leurs affaires fussent très nombreux. Quoique Meurier, en leur dédiant ses Communications familières'^, ait parlé d'une nation anglaise « désireuse et diseteuse du langage françois », la plupart des voyageurs devaient se tirer d'affaire au moyen de ces modestes guides de la conversation que les imprimeurs d'Anvers ^ agençaient dans de petits volumes oblongs, visiblement disposés pour être mis dans des poches.
Comme partout, c'était le latin qui tenait le premier rang en Angleterre •', et là aussi on eût mis volontiers le bonnet d'âne à quiconque s'émancipait jusqu'à lui substituer l'anglais^. Le fran-
1. Je rappelle ici que, parmi les premiers livres qu'on imprima en Angleterre figure un manuel destiné à l'enseignement du français (Voir Sttlrzinger, Orthogr. g»lL, XV et XXII. Cf. Charl., Vie «oc. 178).