Suisse fr., p
Publications. — C'est à Genève naturellement que sont nées et que devaient naître les premières publications françaises de quelque importance ; le Mercure suisse de Spanheim marque une date (1634). On vit paraître un premier essai d'histoire suisse en langue française, V Abrégé de Planlin (1666) '. Ajoutons que d'Yverdon, qui n'était pas très éloigné, coulait un flot de publications françaises, qui, nous avons eu l'occasion de le noter, inondait l'Italie.
La littérature pédagogique spéciale y fleurit. En 1610 paraît un Dictionnaire françois-alleîtiand-latin, précédé d'une courte grammaire (Steng., o. c, n" 57); en 1613 on réimprime Masset. A sa petite grammaire on ajoute les « proverbes et manières de parler proverbiales » par Balthazar de l'Abbé (Steng., o. c, n"51). Un certain nombre des années qui suivent paraissent avoir été stériles ; mais, autour de 1660, la série des ouvrages techniques recommence: J. L. àB., Grammatica gallica... ex celeherrimis Auciorihus recentioris ae^>i contexta (Wiederhold, 1667)'; on remarquera ce titre. Les Remarques de Vaugelas sont arrivées à Genève.
Assurément le Dictionnaire de Richelet (1680), dont nous avons parlé dans un précédent volume, ne peut figurer parmi les productions locales ; c'est une œuvre parisienne qui, n'ayant pu être imprimée en France en raison du monopole de l'Académie, le fut à Genève. Mais il dut en rester beaucoup d'exemplaires en Suisse, étant donné le traitement qu'on fit subir à ceux qui avaient été envoyés en France, dont la police put se saisir et qui furent brûlés.
11 n'y a aucun doute que des professeurs y étaient établis et des recherches dans les archives locales nous révéleraient sans doute leurs noms. Le marché ne devait pas être sans chalands, puisqu'on voit Chappuzeau demander et obtenir l'autorisation de donner des leçons particulières^.
J'imagine que les sermons de l'église Saint-Pierre, où on prêchait deux fois par semaine, le samedi et le dimanche*, contribuaient aussi à attirer les étrangers désireux de se former l'oreille au français.
\. Voir Reynold, Lill. fr. en Suisse, dans Mél. Lanson, p. 492. Toutefois il ne faudrait pas compter au nombre de ces travaux ceux de Spon, qui fut seulement l'hôte de Genève. Il était Lyonnais. Les Mémoires du chevalier de Monlmollin sont apocryphes.