‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 108 sur 595 · CHAPITRE IV UN NOUVEAU FACTEUR DE FRANCISATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV UN NOUVEAU FACTEUR DE FRANCISATION

Le Refuge. — La Suisse, facile à gagner en cachette, par des sentiers détournés, devait attirer une masse des malheureux que l'intolérance de Louis XIV força à fuir la région du Rhône et le Midi. Genève hébergea, dit-on, 8 000 Français en cinq semaines; Lausanne 17 000 en trois mois'. Mais le Roi d'Inquisition veillait; de loin il espérait encore contraindre et amener les fugitifs à revenir se prosterner devant sa volonté. 11 menaça, et les autorités intimidées obligèrent les Réfugiés à chercher asile plus loin. Genève ne lut pour eux qu'une étape. Il en résulta pour notre langue un fort appréciable avantage, elle fut portée plus loin aussi par les persécutés : à Berne, Bâle, Zurich.

Les nouveaux venus s'établirent dans les campagnes, auxquelles ils apportaient certains progrès, en sériciculture^ par exemple; d'autres, qui avaient fait de Thorlogerie, restèrent dans les centres ouvriers^ grands et petits, et y établirent le commerce sédentaire.

On vit arriver des artistes aussi, dont le plus connu est le grand émailliste Petitot^ qui avait exercé son art à la Cour de Charles I", puis de Louis XIV. En se mêlant aux indigènes, ils influèrent sans doute sur eux, mais nous n'avons aucun moyen de savoir dans quelle mesure.

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