‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 112 sur 595 · Phil. Godet, Suisse fr., p · texte numérisé non relu

Phil. Godet, Suisse fr., p

toire, et y devint recteur (1714). On a semblé faire à ce dernier un mérite d'avoir prononcé en français ses oraisons rectorales; dans un Avertissement joint à la première, il rappelle lui-même que ses prédécesseurs lui avaient déjà donné l'exemple'. A la suite de démêlés avec le gouvernement de Berne au sujet du Consensus, il quitta du reste la Suisse et passa à Groningue".

Le dernier que je nommerai, Ayguisier, mourut jeune en 1694 ; il mérite pourtant une courte mention, en raison de l'idée qu'il eut d'instituer dans son collège de Vevey des représentations de pièces en français, comme on en jouait à Lausanne. L'Histoire de Joseph devait être suivie de VEsther de Racine, à laquelle l'auteur n'avait pas craint d'ajouter deux actes de son cru pour remplacer le Prologue à Louis XIV. Si la pièce ne fut pas jouée, elle fut imprimée ^

Les Huguenots créent la Presse. — Il ne convient pas d'accorder à la presse de cette époque une influence exagérée sur le mouvement des idiomes en Suisse. Il faut reconnaître pourtant que c'était quelque chose que d'affranchir les savants suisses de l'obligation où ils étaient jusque-là de s'adresser à l'étranger et de donner à ceux qui s'intéressaient aux recherches de toutes sortes une publication qui les renseignât. Ils durent ce progrès à deux Réfugiés, que nous venons de nommer : Bourguet et Barbeyrac.

La Bibliothèque italique'^ était destinée à familiariser les Suisses avec ce qui paraissait en Italie. La rédaction tout entière était suisse. Bourguet fit mieux, et en décembre 1732 paraissait le premier numéro du Mercure suisse, à Neuchàtel.

Bientôt le succès fut assuré, les lecteurs se firent nombreux, et en 1738 la publication se divisa en deux parties, l'une littéraire: le Journal helvétique, l'autre politique : le Nouvelliste Suisse. Les avatars du journal ne devaient pas s'arrêter là. En 1768, il devint le Nouveau Journal Helvétique, et, en 1783, le Nouveau Journal de littérature de l'Europe et surtout de la Suisse. Il mourut en 1784 \

Virg. Rossel a donné de cette publication une piquante et spirituelle analyse. Ce qui est à en retenir pour l'objet qui nous occupe, c'est la part de collaboration des abonnés. Ils discutent, blâment ; par eux la feuille vit, comme une sorte de club par correspondance.

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