‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 130 sur 595 · Id., ib · texte numérisé non relu

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5. Voltaire à Lekain, 2 et 11 mars 1767. — « Une actrice assez bonne, qui a joué Olympie à Genève, ayant restitué les endroits supprimés ou altérés par M"« Clairon, a eu un succès si prodigieux que la pièce a été jouée six jours de suite » ("Du m. au m., I" juillet 1767). 6 ^ 1 j j

6. Lekain, Mém. La lettre de La Harpe est donnée p. 31"2 sans indication d'année, mais elle ost certainement de 1767, car c'est cette année là que Rosimond engage M™6 Camély, à qui est confié le rôle de Marguerite (cf. Kunz-Aubert, o. c, p. 48).

7. Cf. Guerre Civile de Genève. — On trouvera dans Kunz-Aubert, o. c, pp. 31 et suiv., le résumé de l'enquôle réclamée par le résident de France et menée, semble-t-il, assez moll"ment par les autorités genevoises.

réclamer la construction d'une salle de spectacle en pierre. D'autre part un théâtre s'est installé à Châtelaine et Ton y court. Pendant treize ans, de 1771 à 1783, la troupe Saint-Gérand y passe régulièrement au cours de ses tournées en Bourgogne, Dauphiné, Savoie et peut-être Haute-Alsace'.

Intervention armée. — Le 2 juillet 1782, les troupes franco-sardes et bernoises entraient à Genève et le commandant de la garnison, M. de Jaucourt, déclarait le spectacle « absolument nécessaire aux officiers ». On joua d'abord dans un jeu de paume, puis, le 18 octobre 1783, on inaugura un théâtre en pierre dont Saint-Gérand conserva, sauf un court intervalle, la direction^ En 1788, il s'engage à donner au moins quatre représentations par semaine, ce qui est alors en France le régime ordinaire des théâtres de province.

Ce n'était pas l'influence française qui l'emportait, mais la force. Déjà en 1767 le théâtre avait été imposé par une volonté étrangère : (( On joue, écrit La Harpe, la tragédie et l'opéra-comique sous la protection des médiateurs » ^. S'ensuit-il que cette importation ait exaspéré le patriotisme des Genevois au point d'exciter une haine générale? C'est le contraire qui est probable. D'ailleurs il n'importe guère : une des puissances médiatrices était suisse et elle prit le parti des comédiens contre les pasteurs.

Dans le reste de la Suisse. — Ce qui se passait à Genève ne nous renseigne pas sur les sentiments des cantons confédérés. Là, malheureusement, c'est la nuit complète : deux ou trois indications éparses ne permettent même pas de hasarder la moindre conjecture. Le 27 mars 1757, on joue Zulime à Lausanne, devant « douze ministres du Saint Evangile avec tous les petits proposants » ; en février 1767, on y joue également Les Scythes'". Mais y eut-il d'autres représentations dans l'intervalle ? Lorsque Gherardi revient à Genève, le compliment de réouverture est reproduit par le Mercure Suisse, qui parle en termes élogieux du régisseur Frainville'\ Cela donne à penser que les comédiens n'étaient pas indifférents

\. « Depuis environ quinze ans, dit Sinner en 1781, il y a des spectacles à Châtelaine, petit village à une demi-lieue de Genève, sur terre de France « (^Voyage historique et littéraire dans la Suisse occidentale, t. II, p. 108). — Sur la foule qui s'y pressait, voir Monnier, Le Théâtre et la Poésie à Genève, p. 401.

2. Pendant la campagne 1784-1785, le théâtre fut dirigé par Gollot d'Herbois, qui paraît avoir médiocrement réussi (cf. Kunz-Aubert, o. c, pp. 68 et suiv.).

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