La Harpe à Lekain, dans la lettre citée plus haut
4. Voltaire à Pictet, 27 mars 17.t7 ; à Lekain, 21 février 1767.
5. Frainville, dit-il, s'est acquis « beaucoup de réputation dans le royaume et a été extrêmement goûté, non seulement pour ses talents pour le théâtre et pour la beauté de sa déclamation, mais aussi dans le particulier pour le mérite de sa conversation qui
à la population, ou qu'ils avaient intérêt à soigner leur publicité. Mais dans quelle mesure ce Mercure, imprimé à Neuchâlel, sur les terres du roi de Prusse, était-il vraiment suisse?
En 1780, la troupe Saint-Gérand, qui a joué en juin à Chambéry, et sans doute un peu plus tard à Châtelaine, joue à Yverdon en novembre'. Déjà le 3 novembre 1776 Saint-Gérand était à Bâle, d'où on l'autorisait à venir jouer à Colmar. Aurait-il par aventure desservi périodiquement la Suisse occidentale ?
Pour la Suisse Alémanique, en particulier pour Berne, nous avons quelques bonnes études '. On a vu tout à l'heure le singulier prétexte invoqué par M. de Beauteville : il devait bien offrir au moins une ombre de vraisemblance, et les gens de Zurich et de Berne devaient avoir la réputation de goûter les acteurs français. En effet, quand Rosimond, ruiné par l'incendie de 1768, s'enfuit devant les menaces des exaltés, il se réfugia à Berne au lieu de regagner la France qui était à deux pas, conduite absolument inexplicable, s'il n'était pas sûr de rencontrer là-bas d'activés sympathies.
Le théâtre était certainement une des distractions des Français en exil à Soleure^ Casanova, qui avait rejoint à Soleure une beauté vue à Zurich, nous a donné les plus piquants détails sur une représentation par des gens du monde de La Belle Ecossaise, où il joua le personnage de Lord Murray^. « Tout ce qu'il y a de mieux à Soleure y assistait » et formait un public de plus de quatre cents personnes. Jusque chez les gens du plus bas étage, suivant lui, le français était répandu ^
le fait rechercher des meilleures compagnies » ÇMerciire Suisse, avril 1738, p. 388 ; cité par Kunz-Aubert, o. c, p. 18).
1. F. Mugnier, Théâtre en Saooie, p. 67. — A.ug. Scherlen, Perles d'Alsace, t. I, p. 10-2.
2. Voir Armand Slreit, Geschicitte des Bernischen Biihnenwesens, et Novae Deliciae Urbis Bernae oder Das goldene Zeitaller Berns, de Sigmund von Warner.
3. Une troupe française, dont Néricault Destouches aurait fait partie, aurait joué à Soleure en 1707 (voir A. Burner, Ph. NéricauH Destouches, 1680-1754, Essai de biographie. Rev. d'Hist. litt. de la France janv. -mars 1931). On cite Mathieu Marais (22 août 1723) et Pierre Charles Roi, Le Coche (1728).