Xénopol, 0. c, I, p
o. Id., 16., p. 349-350.
Cour du prince régnant'. C'est plus tard seulement que l'on songea à donner une certaine éducation aux jeunes filles et que l'on fit venir pour elles des institutrices d'Italie, d'Allemagne, et surtout de France^ : « Savoir le français et le clavecin devinrent les deux articles indispensables de l'éducation, du moins dans les grandes familles : les savoir bien, c'était le summum » ^.
Les écoles, et — pour bizarre que cela semble être — les écoles grecques particulièrement, contribuèrent pour une très large part à l'expansion du français, notamment à partir de 1776, époque à laquelle le prince Alexandre Ypsilanti introduisit officiellement l'étude du français dans le programme du collège de Bucarest. Cette étude obligatoire durait neuf ans, dont six pour la*langue en elle-même ; pendant les trois dernières années, certaines matières, comme les mathématiques, pouvaient être enseignées en français*. Souvent c'étaient des étrangers qui enseignaient le français, comme ce Grec, Rhigas, qui, établi à Bucarest en 1786, y apprit d'abord le français auprès d'un jurisconsulte grec, Demètre Catargi, et arriva, paraît-il, à le parler et à l'écrire comme sa propre langue. Il fut, en 1794, chargé de l'enseigner au Collège national^.
Rien d'étonnant donc à ce qu'on se servît, à côté de manuels français, comme les Principes généraux et raisonnes de la grammaire française de Restant (1757), de grammaires rédigées en latin, et surtout en grec .
Les livres français, — C'est encore aux princes phanariotes que l'on doit l'introduction des premiers livres français dans les bibliothèques des principautés danubiennes. Celle d'un de ces princes, Constantin Mavrocordato, renfermait un très grand nombre d'ouvrages français, et c'est à ce prince que l'abbé Desfontaines dédia en 17i4 sa traduction des œuvres de Virgile, comme à celui qui règne sur un pays où « toutes les langues ont cours », mais où « la langue françoise, regardée comme une langue savante, est préférée à toutes les langues modernes » ^
1. « La Princesse a cru que j'usais du privilège qu'ont les voyageurs de mentir, quand je lui dis que les dames, dans mon pays, apprenaient à danser et à écrire » (Voyage en Crimée..., p. 4'iJ2).
2. Le mot de madama (madame) devint bientôt svnonyme d'institutrice (gouvernante plutôt) et il a gardé ce sens jusqu'à nos jours.
3. Eliade, o. c, p. 187 ; cf. « quand il s'agit de l'éducation de la jeune fille... du français et rien que du français » (Id., ib., p. 861).
4. Id., ib., p, 166-167: cf. Ghassiotis, L'instruction publique chez les Grecs. Paris, 4881, p. 80-81.