‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 15 sur 595 · Id., ib.,p · texte numérisé non relu

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De même, dans toutes les bibliothèques des boyars roumains, on trouve, dans la seconde moitié du xviii" siècle, des livres français, en particulier les écrits philosophiques, qui non seulement servent à garnir les rayons, mais sont lus et commentés. L'influence en était si grande que le Patriarche de Constantinople, chef à cette époque de la religion orthodoxe dans les principautés danubiennes, s'émut, et en 1787 menaça des foudres du Ciel ceux qui liraient les écrits de M. de Voltaire'.

11 est curieux de constater que certains princes phanariotes, non contents de parler le français, écrivaient même dans cette langue ; ainsi l'on trouve dans le Mercure de France de juillet 1742 la « Constitution faite par S. A. Mgr. le prince Constantin Ma^rocordato, prince des deux Valachies et de Moldavie, le 7 février 17 tO, qui portait suppression de plusieurs impositions onéreuses aux habitants de Valachie et prescrivait plusieurs règles utiles au gouvernement de cette province » ". Gomme d'autres hommes d'Etat, le prince avait été touché par les doctrines de nos philosophes et de nos économistes.

Le premier Roumain a Paris. — Malgré tout les familles ne se risquaient pas encore à envoyer les jeunes gens en France. Un Moldave, Alex, de Stourdza, fera l'admiration de .loseph de Maistre : « 11 sait le latin et le grec, qui est sa langue naturelle, le russe, l'allemand. Mais V. Exe, ajoute la lettre au comte de Valaise, serait surprise de la force et de la pureté de style qu'on trouve dans ce livre, qui est écrit en français (Considérations sur la doctrine et V esprit de r Eglise orthodoxe^ Personne ne pourrait imaginer que c'est un Moldave, qui tient la plume, et que ce Moldave n'a jamais mis le pied en France )) ^ On a noté le nom du premier Roumain auquel ses parents ont eu le courage de faire faire le voyage de Paris pour y terminer son éducation. C'était un Moldave, nommé Georges Bogdan, qui arriva en 1804. Un autre le suivit en 1806. Mais le mouvement s'arrêta, des émigrés français ayant établi des pensionnats ou donnant des leçons ^.

Contact avec des Russes francisés. — Des événements politiques, dans le détail desquels nous n'avons pas à entrer, mirent en jeu d'autres influences. Les Moscovites avaient besoin de traverser les

\. Elkde, 0. c, p. 171.

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