‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 140 sur 595 · IMMOBILITÉ DE LA FRONTIÈRE LINGUISTIQUE DES DEUX LANGUES · texte numérisé non relu

IMMOBILITÉ DE LA FRONTIÈRE LINGUISTIQUE DES DEUX LANGUES

grossier, mais à peu près exact, de la frontière au commencement du xix^ siècle '.

Les communautés des Huguenots seules auraient pu agir, là où elles étaient considérables par rapport à la population indigène. Mais beaucoup paraissent avoir manqué de cohésion et, en dehors des questions religieuses, d'esprit de suite -. L'exemple de Morat est caractéristique. Le français se parlait tout près de là. Or, en 1736, il existait dans la localité, à côté de l'école latine et de l'école allemande, une école française pour les garçons et une pour les filles ; elles se vidèrent lentement. Il n'y a point de meilleure preuve que les Réfugiés, quand ils n'étaient pas très nombreux, se fondaient dans la population, et abandonnaient leur idiome ^ L'influence de Berne agissait puissamment ; car il ne faut pas oublier que Morat, bailliage commun, dépendait de Berne en même temps que de Fribourg.

Page 1