‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 16 sur 595 · Eliade, o. c, t. II, ch. 4, pp · texte numérisé non relu

Eliade, o. c, t. II, ch. 4, pp

principautés pour aller combattre les Turcs. L'attirance de Constantinople avait commencé avec Pierre le Grand. Or il arrivait que les premières luttes eussent lieu dans les principautés même, envahies parles armées ennemies. Les Russes aimaient du reste à séjourner dans un pays où les accueillaient à bras ouverts des populations hospitalières. Si, politiquement, les Roumains eurent à se plaindre amèrement de leur confiance dans ces Russes, ils purent, d'un autre côté, profiter d'un reflet de la civilisation française à laquelle les Moscovites, depuis un certain temps, s'étaient initiés. Leurs officiers étaient, à cette époque-là, recrutés dans tous les pays, et, pour s'entendre entre eux, Russes, Polonais, Anglais, Allemands et Français parlaient tous plus volontiers le français que le russe ; l'on peut dire que ceux qui le parlaient et le prononçaient le mieux étaient les Russes eux-mêmes, instruits dès leur enfance par des maîtres venus de France. Ils achevèrent dç répandre la connaissance du français dans les salons roumains, où la conversation n'eut plus lieu que dans cette langue, surtout à partir de 1769'. Ils modifièrent même les vieilles coutumes locales, comme celle de se coucher presque aussitôt après le repas du soir ; on s'invita les uns chez les autres, en soirée, pour danser, non plus les danses indigènes, mais des danses occidentales^. Le mot soirée, qui désigna ces réunions, entra dans la langue à partir du xviii* siècle. D'autres officiers, français ceux-là, qui avaient du quitter la Pologne après le premier démembrement, passèrent dans les principautés danubiennes et s'y établirent. Aussi le français y fut-il de plus en plus appris et parlé, jusqu'à remplacer toute autre langue dans les relations mondaines ^

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