Voir H. L., t. V,p
"i. Observations et conjectures politiques (ilSS), Lettre VL
•^. W. E. J. Berg, De Réfugiés in de Nederlanden, pp. 53-7o.
subventions aux fugitifs indigents, et, à Amsterdam, on avait recommandé au Consistoire d'envoyer aux écoles hollandaises les enfants appartenant à des familles qui recevaient des subventions. Les églises fondées à l'époque du Refuge disparaissaient une à une ; des soixante-deux communautés françaises que l'on comptait dans les sept provinces en 1688, environ douze furent supprimées dans la première moitié du xviii* siècle ; en 1773, il n'y en avait plus que quarante-neuf; en 1793 trente-deux, desservies par quarante-huit pasteurs '.
Il y avait longtemps que les Réfugiés établis aux Pays-Bas avaient renoncé à l'espoir et peut-être au désir de retourner dans leur patrie. Ce désir, qui avait hanté la première génération, qu'entretenaient les sermons des pasteurs, et qui, après la paix de Rijswijk, avait amené à se rapatrier plusieurs de ceux dont les biens avaient été confisqués en France, n'avait pu se réaliser pour la plupart d'entre eux, le roi restant inébranlable dans sa décision de ne pas leur accorder la liberté de conscience^. Les négociations qui eurent lieu à ce sujet lors de la paix d'Utrecht restèrent sans résultat. Et lorsque, après la mort de Louis XIV, la rigueur du gouvernement français se relâcha tant soit peu, les liens entre les Français des Pays-Bas et la France étaient rompus ; certains s'étaient unis à des familles hollandaises, les enfants survenus parlaient le hollandais en toute pureté. Naturellement, la fusion mit longtemps à s'accomplir. Si Justus van Effen dit, vers 1732, que les Réfugiés se donnent beaucoup de peine pour rester français, parce qu'ils mettent leur langue bien au-dessus de la hollandaise, qu'ils n'estiment pas même digne d'être comprise et lue, d'autre part, ds^ns ]es Lettres sé/ieuses et badines sur les ouvrages des sa^>ants et sur d'autres matières, qui sont aussi de 1732, on lit : « Les enfants [des Réfugiés] nés en Hollande, ont appris aussi le hollandais, dont ils ont transporté en français quantité de termes et de tours, que leurs parents ont adoptés sans s'en apercevoir » ^
Français en Hollande. — Ce n'est donc pas par l'intermédiaire des Réfugiés qu'au xviii* siècle un contact direct a pu s'établir entre la France et les Pays-Bas. Fut-ce l'œuvre de nouveaux venus ? 11 nous faut passer en revue les ditférentes professions.
<?) Pasteurs. Le nombre des Français, nés et élevés en France, entrés au service des églises wallonnes des Pays-Bas au xviii*^ siècle,
i. Weiss, Histoire des Réfugiés prot., t. II, p. 171.