Elzinga, o. c, pp. 18 et
doit avoir été extrêmement restreint, pour la raison majeure que, depuis la Révocation de l'Edit de Nantes, il n'y avait plus ofTiciellement en France ni églises protestantes, ni académies, ni facultés de théologie, ni pasteurs réformés'. Tandis que la liste des pasteurs réfugiés en Hollande dans la seconde moitié du xvii" siècle compte 363 noms-, — et elle n'est sûrement pas complète, — on n'en trouve guère à signaler pour le xviii*, après la disparition de ceux qui étaient venus au lendemain de la Révocation de l'Edit de Nantes. Eu somme, on ne peut citer que Jean-Henri Gavanon, « auparavant ministre dans les Cevennes » ^, et Jodouin, « jadis pasteur à Senlis » *, puisque Henri Châtelain, qui fit ses études théologiques en Hollande, était déjà venu de France en 1699, et qu'Honoré d'Arnaud, de Puylaurens, fut reçu proposant dès 1693 ^ Ce ne sera qu'au xix" siècle, après la reconstruction des églises protestantes en France et leur renaissance officielle, que l'on verra se rétablir, dans les églises wallonnes, l'usage d'appeler des pasteurs de l'étranger, et surtout de France''. Ceux que la liste de Gagnebin désigne sous le nom de proposants étaient des jeunes gens qui avaient fait leurs études en Hollande et pour la plupart étaient Hollandais ou descendants de Réfugiés, wallons ou français ; les noms français sont en majorité. h) Professeurs d'Université. Au xviu* siècle l'usage, qui datait du xvii", de faire enseigner le français dans les Universités, non par des titulaires, mais par des professeurs libres, se continuait. M. Riemens^ énumère tous ceux qui, à Leyde et à Franeker, se sont chargés de cette tâche ; ce furent pour la plupart des Français. Les autres langues modernes s'y enseignaient aussi, — l'allemand seulement depuis la seconde moitié du siècle, — mais le français dominait, les professeurs qui en étaient chargés étant plus nombreux que tous les autres maîtres de langue ensemble. A Franeker, il y eut d'abord un maître français, payé en partie par les autorités, en partie par les étudiants ; ensuite on y créa une chaire de français, qu'on accorda à Jacques Garcin*; ce fut la princesse, anglaise de naissance, veuve
i. Je dois, pour ce paragraphe, beaucoup à l'obligeance de M. S. Cler, ancien pasteur de l'église wallonne à Leyde, et à la Liste des églises wallonnes des Pays-Bas et des pasteurs qui les ont desservies de F. H. Gagnebin (Bulletin de la Commission pour l'histoire des églises wallonnes, Série I, t. III (1888).
2. Voir dans le Bulletin (série I, t. I) la liste dressée par Gagnebin.