Boulan, François Hemsterhuis, p. 3i
4. Esclaircisseniens relatifs à la publication des Confessions de Rousseau. t\. Brieven aan R. M. van Goens, déjà cité, t. I, p. 42.
6. Bcaufort, Rijklof Michael van Goens, clans Gescbicdkundige Opsiellen, p. 7o.
7. Van Sypestein, Voltaire, etc., in Nederland, déjà cité, p. 208.
Histoire de la langue française. VIII. 44
étudions, nous arrivons à cette conclusion que les liens noués par les Français eux-mêmes ont été trop peu solides pour que la très réelle influence de la culture française puisse s'expliquer par là.
Hollandais en France. — Je passerai rapidement sur les voyages des Hollandais en France. Avant même qu'en 1787, à la suite de dissensions politiques, plus de 40 000 adversaires du stadhouder se soient exilés en Belgique et en France, il y avait dans les villes les plus importantes (Bordeaux, Nantes, Angers, Lyon, etc.) beaucoup de commerçants et d'industriels hollandais, mais la plupart s'y sont implantés et y ont fait souche.
A Paris, les passants hollandais étaient nombreux, hommes d'affaires, étudiants, gens du monde', et cette catégorie de voyageurs a sans doute contribué à faire pénétrer la culture française en Hollande. Toutefois, il y a eu d'autres intermédiaires, plus puissants. M""* de Charrière et Justus van EflPen offrent les types de Hollandais qui, au xvm* siècle, ont été le plus profondément touchés par l'esprit français ; or, nous l'avons déjà noté, le dernier n'a jamais été en France, la première n'y a fait que sur le tard un séjour de quelque durée, et à ce moment de sa vie son caractère et son talent s'étaient déjà complètement formés. Ces cas sont frappants, et suffiraient à nous faire soupçonner que ce n'est pas surtout par suite de contacts personnels que l'influence de la France opéra.
Dans un roman du début du xix*^ siècle', une demoiselle de magasin, qui parle français, s'exprime en ces termes : « Je comprends bien le hollandais, mais nous sommes tellement habitués à parler français avec nos clients que nous oublions presque notre langue maternelle; d'ailleurs le hollandais est si dur à l'oreille et si grossier qu'on rougirait de le parler en public «. On lui demande : « Vous êtes sans doute née en France? » — et elle répond : « Pardon, ma famille est tout ce qu'il y a de plus amsterdamoise ; mon père était souffleur du théâtre hollandais ». Faisons dans cette scène la part de la charge; elle n'en est pas moins peinte sur le vif, en tant qu'elle illustre ce fait, que la suite de ces pages continuera à mettre en relief, c'est que le français et la vie française ont eu, au xvin" siècle, aux Pays-Bas une existence jusqu'à un certain point séparée de la France. Voyons donc par quelles voies, autres que le contact des personnes, la culture française a été entretenue dans les Provinces-Unies.
i. Mathorez, Les étrangers en France sous l'Ancien Régime, t. II, pp. 307-335. 2. Kist, De ring van Gyges (dSOo), t. I, pp. H7.