Over Nederlandsch volksbesef en taalbesef, ■i9io, p
6. Voir P. ValkliolT, « Zaïre » en de « Henriade « in de Nederlandse lellerkunde. dans Nieiiwe Taaigids, X, 499; H. J. A. M. Stein, />0(7<'au en //o//anf/t; (Thèse d'Amsterdam, 4929); H. G. Martin, Fénelon en Hollande (Thèse d'Amsterdam, 4928); H. J. Minderhoud, La Henriade dans la lillérature hollandaise (Thèse d'Utrecht, 4927); J. Smit, liilderdijk el la France (déjà cité) ; D. Inklaar, F. Th. de Baculard d'Arnaud, ses imitateurs en Hollande et dans d'autres pays (Thèse de Groningue, 4925). Sur Bélisaire, qui a soulevé aux Pays-Bas des discussions théologiques, il y a toute une littérature.
Revues et journaux. — Pour déterminer la place que la langue française a eue en Hollande, il faut tenir compte des périodiques français qui, pendant tout le xviii" siècle, s'y sont succédé'. Le Journal littéraire, fondé par trois Hollandais, de Sallengre, 's Gravezande et van EfTen, et auquel ont collaboré Prosper Marchand et Saint-Hyacinthe, fut un des plus connus'; nommons encore ceux qui continuent les Nouvelles de la République des Lettres, de Bayle (1684-1687), la Bibliothèque universelle et historique (1686-1693), la Bibliothèque choisie et la Bibliothèque ancienne et moderne{\^^^~ 1721), de Jean Leclerc, VHistoire des ouvrages des savants (1687- 1709), de Henri Basnage de Beauval, frère de l'historien, la Bibliothèque des Sciences, où écrivit Elie Luzac ^.
Or, pour ne pas exagérer l'importance que ces publications ont eue pour les Hollandais, il est utile de constater qu'il existait aussi des revues hollandaises, très lues ; van EfTen lui-même, nous l'avons vu, publie \e Hollandsche Spectator ; son exemple est suivi, et il va s'imprimer un grand nombre de feuilles hebdomadaires^; à partir de 1765 paraissent les Vaderlandsche Lctteroefeningen qui, avec quelques modifications dans le titre, seront continués pendant plus d'un siècle. Les revues françaises étaient surtout des articles d'exportation, de commerce, et il est probable qu'elles n'étaient pas lues en Hollande plus qu'ailleurs.
Il a dû en être un peu autrement des journaux français, Gazette de Leyde, de La Haye, d'Utrecht, d'Amsterdam, qui étaient destinés, eux aussi, à être expédiés au delà de nos frontières et contenaient des nouvelles de l'étranger n'intéressant, aux Pays-Bas, qu'un milieu restreint, mais qui pourtant étaient beaucoup plus répandus que les revues^. 11 est certain que ces journaux ont dû contribuer à répandre la connaissance du français, mais on ne doit pas oublier qu'à côté des gazettes françaises existaient des journaux hollandais, qui ont du trouver bien plus de lecteurs dans le pays*. Prenons, par exemple, la situation à Utrecht où, à partir de la seconde moitié du
1. Sayous, 0. c, t. I, pp. 31, 32, 49. On me permettra de citer ici l'adage du Journal liltéraire (La Haye, i713-473H, 26 vol. Voir Hatin, Hist. Presse, t. II, p. 283): « Plus les journaux se multiplient, et plus les gens de lettres y peuvent trouver d'utilité».
2. Voyez, sur les autres périodiques oîi van Effen a écrit, Elzinga, o. c, pp. 4, 43.
3. Weiss, o. c, p. 127. Voir sur ces revues en général la Bibliothèque de llalin, dans Les Gazettes de Hollande (Paris, 1865), et, sur la première, la deuxième et l'avantdernière, la thèse de M"** Reesink. que nous avons signalée plus haut.
4. Analysées dans J. Hartog, De spectatoriale geschriften, déjà cité.
o. Voyez W. P. Sautijn Kluit, Hollandsche en Fransche Utrechtsche couranten (dans Bijdragen en Mededeelingen van hel Historisch Genootschap. I, 26), et comparez, du même auteur, De Hollandsche Leidsche Courant et De 's-Gravenhaagsche courant (dans Handclingen der Maatschappij van LetterkuT^le, 1871 et 1873). Voyez aussi Hatin, o. c, p. 168.
6. Diderot (o. c, p. 427) : « Les papiers publics sont sans cesse entre leurs mains ».
XVII* siècle, parut, avec plus ou moins de régularité, une feuille hollandaise et où, au xvm% deux éditeurs publièrent à la fois un journal hollandais et un journal français : Nicolas Chevalier en 1710 et 17H, Janiçon en 1720.
Malgré ces réserves, il est certain que livres et journaux ont dû, au xvin* siècle, contribuer à l'expansion du français en Hollande.
Le THEATRE. — Quant au théâtre français, il a, au xviii* siècle, pris une place importante dans la vie des hautes classes de la société. Grâce à l'enquête de J. Fransen ', nous sommes aujourd'hui très complètement inform.és au sujet des troupes de comédiens qui ont joué en Hollande, presque sans interruption, au xvii" et au xvm* siècle, et de leur répertoire.
Tandis qu'avant 1700 c'étaient des comédiens de campagne qui se chargeaient de présenter aux Hollandais les produits du théâtre de leur pays, dès le début du siècle nous assistons à l'établissement du premier théâtre français permanent en Hollande, rendu nécessaire par l'avènement d'un nouveau genre de spectacle, l'opéra, qui comporte une organisation spéciale : un grand nombre d'acteurs, de danseurs et de musiciens, beaucoup de décors. C'est faute d'un siège fixe que les quelques tentatives de produire des opéras, vers la fin du XVII* siècle, avaient échoué. Seules, La Haye et, à partir du milieu de ce siècle, Amsterdam ont eu leur théâtre français ; Rotterdam, Leyde et Haarlem ont reçu parfois la visite des acteurs de La Haye"; on peut dire que l'intérêt pour le théâtre français s'est concentré dans les deux villes aux traditions internationales, et qui étaient, l'une le siège du gouvernement, l'autre le centre du commerce. Utrecht n'a pu s'offrir des représentations régulières de pièces françaises qu'à l'époque des négociations qui ont abouti à la paix de 1713.
Les directeurs et directrices qui se sont succédé au théâtre de La Haye — ou, plutôt, aux théâtres, car de 1719 à 1735 cette ville en a eu deux à la fois — n'ont pas eu une tâche légère, et ne s'y sont guère enrichis: « J'ai vu, dit, en 1738, de la Barre de Beaumarchais^, le théâtre de La Haye tomber, se relever, tomber encore, tantôt par la faute des directions ou des acteurs et tantôt par celle