Cf. Fransen, o. c, p
l'occasion de la foire \ et nous avons vu que, même à Rotterdam, le théâtre français n'a pas réussi à prendre pied. Enfin, n'oublions pas qu'au xvni^ siècle la République a reçu aussi la visite de troupes allemandes, anglaises et italiennes.
Quoi qu'il en soit, et malgré ces réserves, le théâtre a certainement contribué à fortifier l'influence du français. Grâce à lui il s'est établi, entre les Français et les Hollandais, ce contact direct que, dans les pages qui précèdent, nous avons si souvent cherché en vain; sur la scène, les spectateurs ont vu et entendu des Français en chair et en os, parlant leur langue fraîchement importée de leur
Le répertoire des acteurs français — et ici encore je laisse de côté les opéras — se composait vers 1760, d'après M. Fransen ~, surtout de petites comédies avec, de temps en temps, une pièce classique. Parmi ces dernières celles de Corneille, Molière, et surtout de Voltaire se placent au premier plan, mais nous rencontrons cependant aussi Le Jeu de l'Amour et du Hasard et Le Barbier de Séville. D'ailleurs, sur la scène hollandaise, les traductions de pièces françaises et de versions françaises de comédies espagnoles ^ occupent également une place importante. Van Effen dit à ce propos : « On se contente de l'honneur de traduire quelques tragédies françaises. Pour la comédie on fait la même chose, d'une façon moins honorable encore. Bien des comédies sont traduites du français et la plus grande partie en sont terriblement maltraitées par des gens insuflisamment au courant des deux langues » '*. Ce n'est pas ici le lieu de comparer les traductions avec leurs originaux ; nous possédons sur ce sujet quelques études suggestives ^ En général, les comédies devenaient plus vulgaires, les tragédies plus gran-
'1. Van Effen parle des « excellents acteurs français et italiens » qui, à l'époque de la foire, ont établi une tente au \ reeburg, et qui ont ouvert leurs représentations avec tt les charmantes pièces Les filles à la mode et La baguette de Vénus » (Elzinga, o. c, p. 123).
3. Voir sur le théâtre espagnol en Hollande l'élude de J. A. van Praag, La comedia espagnole aux Pays-Bas au XVIl'^ et au XVIII" siècle (Thèse d'Amsterdam, 1923). M. van Praag consacre deux chapitres sur six aux adaptations de « comedias » par l'intermédiaire du français.