Elzinga, o. c, p
5. Voir l'article de Valkhoff, cité plus haut ; Gh. van Schoonneveldt, Over de navolging der klassiek-J'ransche tragédie in Nederlandsche treurspelen der achltiende eeuw (Thèse de Groningue, 19U6), pp. 144 et suiv. ; Jonckbloet, o. c, t. V, p. 186; H, van Loon, Nederlandsche vertalingen naar Molière in de 17" eeuw (Thèse de Leyde, 1911), contient aussi des détails qui intéressent notre époque. Voir également D. Inklaar, F. Th. de Baculard d'Arnaud, pp. 177 et suiv. Diderot (o. c, p. 428) écrit : « G'est à une femme, M"« de Neuville, que la Hollande doit une traduction hollandaise de nos meilleures tragédies » (voir sur cet auteur, Jonckbloet, o. c, t. V, p. 178). Hartog (o. c, p. 212) parle des mauvaises traductions de pièces françaises de M"^ Gorver.
diloquentes ; les nuances s'effaçaient ; aussi ces traductions sont-elles plus intéressantes pour le linguiste que pour le critique littéraire, car les gallicismes y abondent. Nous y reviendrons.
Résumant tout ce qui précède, nous pouvons affirmer, autant que des témoignages forcément incomplets nous y autorisent, ce qui suit:
1° Il est certain que l'école, les livres, le théâtre ont, depuis le XVII* siècle, contribué à amener un contact entre la civilisation française et la hollandaise, mais ce contact est loin d'avoir toujours été direct, car il s'est établi en partie par des traductions, et puis, ce n'est pas de la littérature contemporaine qu'on s'inspire ; on imite surtout des auteurs antérieurs de près d'un siècle. Ceci corrobore les résultats de nos recherches sur le contact personnel entre Français et Hollandais (voir chapitre ii).
2° Ces relations, essentiellement livresques, entre la civilisation des deux pays ont été pour les meilleurs (M™* de Charrière, van Effen) un précieux élément de formation intellectuelle, mais elles n'ont donné à la grande masse des gens cultivés qu'un léger vernis. Il semble que, dans la première moitié du siècle, elles ont été plus étroites que par la suite. Mais pendant tout le siècle on a eu l'illusion, surtout dans les hautes classes, qu'en écrivant en français et en parlant français dans les réunions mondaines, on participait directement à la culture française, et cette idée domine encore la conception qu'on se fait généralement de cette époque. Mais ce n'est qu'une illusion : le contact durable et suivi avec des Français authentiques, qui s'est produit du temps des Réfugiés, ne s'est plus renouvelé ; au xviii* siècle, le français en Hollande peut être comparé à une charrette qui roule par suite de l'impulsion une fois reçue et qui, ne subissant que de loin en loin une nouvelle et faible poussée, finit par ralentir son mouvement. L'influence française au xviii* siècle a été extérieure ; M. Colenbrander, dans un passage cité plus haut ', l'a très fortement dit: l'esprit du peuple hollandais est resté ce qu'il était.