INFLUENCE DU FRANÇAIS SUR LA LANGUE HOLLANDAISE DU XVIIP SIÈCLE
Ce français imparfait qu'on parlait et qu'on écrivait aux Pays-Bas, au xviii* siècle, n'a pas pu manquer d'influer sur le hollandais ; l'aisance avec laquelle tant de Hollandais le maniaient devait nécessairement rendre facile sa pénétration dans la langue maternelle ; nous avons vu plus haut' avec quel sans-gêne Guillaume V mélangeait les deux langues. Cette influence se manifeste dans l'introduction de nombreux mots français en hollandais, mais pendant tout le xviii* siècle le style hollandais, surtout celui des œuvres traduites du français, a, lui aussi, subi une forte action de la syntaxe française, dont cependant il ne reste plus beaucoup de traces dans la langue. Ces traductions de tournures françaises ne sont, d'ailleurs, pas toujours faciles à reconnaître comme telles. Nous traiterons d'abord de ces « gallicismes » et ensuite des mots empruntés.
Gallicismes. — Les emprunts syntaxiques sont nombreux ou bien dans la langue écrite, que ne corrige pas l'oreille, de ceux qui sont très familiers avec la langue étrangère, ou bien chez les traducteurs, dominés par la langue de leur original. Dans le premier cas, le nombre de ces emprunts dépend souvent du sujet traité.
On comprend que les gallicismes ne soient pas rares chez van Effen, qui pense en français quand il écrit en hollandais, parce que c'est surtout du français qu'il s'est servi comme langue écrite et littéraire. Ils se trahissent chez lui comme tels quand, dans l'expression imitée, il conserve un terme français : onder correctie (sauf correction), in devotie zijn (être en dévotion), de pair gaan met (aller de pair avec), etc. Parmi les expressions de cet ordre, qu'on peut supposer traduites du français, il n'y en a que relativement peu qui aujourd'hui existent encore en hollandais; s'ir trente-neuf que M. Elzinga ^