‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 178 sur 595 · Pp. 190 et · texte numérisé non relu

Pp. 190 et

cite dans van Effen, dix seulement sont restées vivantes, à savoir : zich airs geven (se donner des airs), zonder cérémonie (sans cérémonie), zijn contenance houden (tenir sa contenance), zonder éclat (sans éclat), een goed figiiur maken (faire bonne figure), ménagement gebruiken (user de ménagements), mine maken (faire mine), op het punt zijn (être sur le point), profijt doen (faire profit), proi'isie opdoen (faire provision). Bien entendu, nous ne savons pas si c'est van Effen qui les a toutes employées le premier; cela n'est pas probable.

Pour ce qui est des gallicismes grammaticaux que se permet van Effen, — je pense à l'emploi fréquent qu'il fait de prépositions qui traduisent littéralement une préposition française, là où le hollandais en exige une autre, — ils n'ont pas réussi à franchir les barrières de l'usage général.

Le nombre des gallicismes que présentent les nombreuses traductions de pièces de théâtre est effarant \ et ici ce n'est pas la familiarité des traducteurs avec le français qui les explique, mais plutôt une certaine paresse d'esprit, qui ne leur permet pas de se détacher complètement du texte français. Inutile de dire que, de ces traductions littérales d'expressions appartenant au vocabulaire de la tragédie et de la comédie, il n'est rien resté dans la lanirue.

En revanche, voici un terme d'administration publique, traduit du français et qui date certainement du xviii" siècle : hypotheekhewaarder (conservateur des hypothèques)^

Mots français empruntés. — Il serait intéressant de savoir exactement quels sont les mots français, incorporés au hollandais, qui ont été introduits au xviii* siècle. Mais pour cela il serait nécessaire dp savoir avec précision la date à laquelle ces termes sont devenus habituels en français. Or si, dans le VP volume de Vlfistoire de la Langue française, les termes politiques, économiques et scientifiques nouveaux ont été mentionnés, c'est tout récemment seulement qu'on a étudié les mots de la vie mondaine, journalière et individuelle, qui appartiennent à la langue plus fugace et plus changeante de la conversation^. Je commencerai par énumérer ici les mots adoptés par le hollandais dont j'ai pu constater qu'ils datent du x\iu* siècle en français, et je les classerai dans Tordre suivi dans l'H. L., t. V, pages 247 et suivantes).

4. Voir Ch. van Sclioonneveldl, Navoîging dcr klassiek-Jransche tragédie, pp. 441 et suiv.

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