‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 179 sur 595 · INFLUENCE DU FRANÇAIS SUR LA LANGUE HOLLANDAISE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU FRANÇAIS SUR LA LANGUE HOLLANDAISE

Sciences : acclimater, adepte, analytique^ baromètre, circulation, complémentaire, démocratie, géologie, minéralogie, zoologie.

Arts ; accessoire, amateur, artiste, caricature, composition, copie, costume, curiosités, dessin, draper, tableaux de genre, grandiose, grotesque, maniéré, pastiche, perspectif, pittoresque, repoussoir, virtuose.

Vie publique. — Vie politique : aristocratie, autocrate, autocratique, autonome, autonomie, cabinet, émigrer, émigrant, hiérarchie, libéral, ministériel, monarchiste, opinion publique, patriotisme, prolétaire, publiciste, Révolution, social, subsidier, territorial. — Termes d'administration : annonce, buraliste, bureau, bureaucrate, bureaucratie, chef de bureau, comité, commis, commission, contrôleur, douanier, émolument, employé, expédier, expéditeur, expédition, expertise, exploitation, portefeuille, inspecter, prospectus, réglementaire, taxateur. — Écoles : mademoiselle, pensionnat.

Vie sociale. — Industrie : exporteur, fabricant (.■'), fabrique, importeur, industrie, industriel, textile. — Commerce : assurance, s'assurer, caoutchouc, comptabilité, concurrence, débouché, grossier, protection. — Banque : actionnaire, baisse, capital, capitaliste, commissionnaire, discrédit, disponer, dividende, économiste, financier, hausse, loterie, mandat, parité, solide, spéculateur, spéculatif, stagnation, stationnaire.

Vie individuelle. — Meubles : ameublement, bonheur du jour, bureau à cylindre, canapé, commode, fauteuil, sopha. — Voyages : coupé ÇP), diligence, hôtel. — Vêtements : châle, décolleté, fichu. — Objets de luxe : cigare. — Rapports sociaux : coterie. — Vie physique et personnelle : aisance, célibataire, fortuné, luxueux. — Vie morale : bonhomie, cynisme, égoïste, égoïsme, immoral, immoralité, inconséquent, initiative.

Termes généraux : compléter, généralisation, idéaliser, imposant, inquiétant, insubordination.

Dans ces listes, le nombre des mots de la vie individuelle et mondaine est de beaucoup inférieur à celui des termes français se rapportant à la vie publique. C'est ce qu'on constate aussi, d'ailleurs, quand on examine l'ensemble des terme? que le hollandais a empruntés au français ; il semble cependant qu'au xviii* siècle cette disproportion est plus grande encore, comme il a été dit (H. L., t. VI,

p. 102) : « La vérité est que le mot social étaii un mot indispensable à une telle époque, aussi égoïste peut-être qu'aucune autre dans la vie individuelle, mais dont les calculs, les projets, les rêves principaux portaient sur les conditions et l'organisation de la vie commune ».

Mais, si l'on s'explique facilement que ce soient la politique et l'administration qui ont contribué le plus à augmenter le stock des mots français ou hollandais au xviii* siècle, il n'en est pas moins frappant que l'apport de cette période ait été si peu considérable. Des groupes entiers, abondamment représentés à d'autres époques, font complètement défaut : aucun terme de guerre ni de droit, ni de religion (sauf loge, si l'on veut), ni de ce qu'au tome V nous avons appelé le groupe « de la ville et de la terre ». Evidemment, nous n'avons pas l'illusion d'avoir été complet, mais il est peu probable que ce qui manque changeât le caractère de ce lexique emprunté.

D'ailleurs, en ce qui concerne l'emprunt des mots de la vie mondaine et de la conversation — groupe qui devrait être nombreux si l'influence française sur la vie de société avait été aussi intense qu'on l'a prétendu parfois — on peut, d'une autre manière encore, entrevoir la part qu'y a prise le xviii* siècle. M. Elzinga ' a fait un relevé des mots français qui se rencontrent dans le Hollandsc/te Spectator, livre qui, s'il n'est pas entièrement de la main de van Effen, est pourtant en majeure partie son œuvre. Il s'y sert d'un grand nombre de termes dont l'emploi lui est particulier et s'explique par l'orientation spéciale de son esprit, si complètement accaparé par la culture française". Cependant, sur 350 mois de la vie quotidienne cités, il y en a 140 qui s'emploient encore aujourd'hui ; il est donc probable que les Hollandais cultivés du temps de van Effen, bien que moins familiers que lui avec le français, s'en sont servis aussi. Or, le Hollandsche Spectator a été publié de 1731 à 1735, donc au début du siècle. Comme, avant de se généraliser, les mots étrangers ont besoin d'une période d'acclimatation, il est donc certain que ces mots nombreux de la vie mondaine ont dû

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