De Orphée et Line, les deux chanteurs mythologiques
3. En vérité, c'est une adaptation d'un roman philosophique de l'auteur russe Kheraskov (17:^3-1807), inspiré lui-môme par Fénelon cl Florian.
Croatie. — Pavlé (Paul) Djoulinatz, diplomate et officier au service russe (à Vienne), fut en 1781 consul russe à Naples, avec grade de lieutenant-colonel. Son œuvre historique est intitulée : Courte initiation à V histoire des origines du peuple sla^'o-serbe^ . L'auteur avoue lui-même avoir fait son livre d'après « plusieurs auteurs », notamment d'après « l'historien Charles Dufresne ».
En 1776, il publie en slavo-serbe (imprimé en orthographe ecclésiastique et non pas populaire) Le Bélisaire de M. Marmontel, membre de l'Académie de la langue françoise, Du français en slai>e traduit.
L'auteur n'avait qu'une connaissance assez superficielle et incomplète de notre langue. Il a suivi à la fois le texte français, et une traduction russe, supprimant ce qu'il ne savait pas faire passer en serbe, s'embrouillant, macaronisant. Son ouvrage a été néanmoins très lu.
Ce n'est pas une œuvre littéraire, c'est pourtant une chose à signaler que la gravure représentant le comte NikolasZrinski, descendant du martyr national yougoslave Petar Zrinski. Elle a été faite par un peintre français I. Fresne", et répandue en Yougoslavie. 11 est fort curieux qu'elle ait été commentée par un texte français : « Nicolas Esdrin, comte de Serin, Hongrois [!] de Nation, gênerai des armées de l'Empereur en Hongrie contre les Turcs, 1664, petit-fils d'un autre Nicolas Comte de Serin qui en l'an 1566 soustient la forteresse de Zigbet avec 12 cens homes pendant 35 jours contre une armée de cent mil Turcs. En ce peu de temps et le feu s'estant pris dans les magazins de la ville, laquelle fut toute bruslée, ce comte en sortit, s'estant vestu de ses plus précieux habits et armes soustient l'assaut, etc.. » ^
On signale à cette époque la présence dans cette région d'un Belge, qui alla vers 1777 prendre un poste de médecin de la joupanie de Varazdin (partie croate de la Yougoslavie). Il a écrit en latin et en serbo-croate des livres destinés à la vulgarisation de la science pratique : Medicina moralis ou la médecine rurale; Les Eaux médicamenteuses ; De la plantation des pommes. N'a-t-il pas pu influencer la langue serbo-croate par des gallicismes involontairement introduits dans ses œuvres?
Dalmatie. — Dès le commencement du xviii* siècle, Petar Bochko-
1. On ne disait pas à cette époque, avant Vouk Karadjitch : la langue serbe ou croate, on disait : slavéno-srpski (slavo-serbe).