‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 185 sur 595 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

de Nivernais, créent à Londres des centres, où le beau monde aime h fréquenter.

A Paris les salons les plus célèbres, celui de M"*^ Geoffrin ou de M"'* Du Defl'and, font aux Walpoles de véritables homes, écoles de toutes les élégances.

Ce commerce entre les deux nations, restreint mais efficace, profile à leur culture mutuelle ; il sert l'une et l'autre langue.

Nulle part ailleurs on ne peut suivre avec autant de profit qu'ici l'action et la réaction de deux civilisations, de deux esprits, de deux langages qui rivalisent, et qui, tout en rivalisant, se corrigent, se combinent aussi, de telle sorte qu'il y a lutte, mais en même temps accord '.

Les gens du temps ont bien vu que cet équilibre venait de s'établir. Voltaire et Fréron s'entendent sur ce point. On sait le mot du premier : « Je pense qu'un Anglais qui connaît bien la France et un Français qui connaît bien l'Angleterre n'en valent que mieux tous les deux » ". Son ennemi intime parle de son côté d'un

« commerce utile de bel esprit entre les deux nations »^ Des

railleurs ont badiné sur cet échange de préjugés, de manies et d'erreurs^. C'était une autre façon de le reconnaître.

4. P. Ya'Oii a dit avec une extrême justesse, en parlant de la période de 'I7K2 à 1776 : « D'autre part grandissent les symptômes de curiosité, do rapprochement, de compromis entre la haute société des deux nations. Il est vrai, des courants se nuisent, s'entrechoquent, déconcertent. ^lais sur certains points, chacune des deux nations est réciproquement conquise aux sympathies, ou tout au moins, aux curiosités de l'autre » ( Walp., p. 699). Cf. Mcrtz : « Nous sommes en présence d'un processus infiniment complexe d'actions réciproques, d'un véritable va-et-vient, d'un mutuel enrichissement des deux pensées. Plus de partie uniquement donnante et de partie uniquement prenante, mais un perpétuel échange, un incessant mouvement de pendule : lelles apparaissent... après le milieu du siècle, les relations entre les deux pays » (^Revue Litt. comp., '19'29, p. 643).

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