Y'von, Walp., p
5. Voir sur toutes ces relations, Texte, Rousseau et Cosm., pp. 317 et suiv.
Très flatté d'approcher la fleur de la noblesse française, très obligeant et très serviable, la bouche pleine de compliments, mais vif, ombrageux et prompt à se redresser en fier Anglais, Forth n'avait point tardé à se ménager maintes relations à la Cour et à la Ville, et d'abord auprès de M""'* de Flamarens et de Maurepas. L'estime et l'amitié de lord Mansfield le poussaient auprès du vieux ministre, l'un des rares grands seigneurs de sa génération qui eût appris l'anglais '.
Les amis restés dans lile enviaient les vovageurs : Vous voici actuellement en plein carnaval, dans la ville la plus joyeuse du monde, écrit l'honorable Henry St John Bolingbroke à son ami Selwyn le 11 janv. 1765, et je ne doute point que vous ne jouissiez de tout ce que la galanterie la plus raffinée peut inspirer de tendre et d'agréable [en ital.]. Je serais extrêmement heureux sans espérer toutefois que mon désir égoïste se réalisât, si vous quittiez bientôt ces lieux enchanteurs pour ceux plus graves et remplis de spleen de Londres -.
L'Espion français parle avec amertume de cet exode du milieu du siècle. Il ruine l'Angleterre : « Les voyages font aujourd'hui une partie du beau monde Anglois. Un lord ne saurait guère paroître en bonne compagnie, à Londres, s'il n'a pas dépensé les deux tiers de son bien, à Paris, à faire des remarques sur l'opéra et sur la comédie » ^
Pendant les hostilités. — Il est très important d'ajouter que, comme l'a montré Britsch, si surprenante que soit semblable conduite en pleine guerre, les relations ne cessèrent pas pendant les années d'hostilité déclarée. La « guerre de revanche, dit-il, tant caressée par notre armée et nos armateurs, n'était pour ce beau monde qu'un insupportable contretemps, qui gênait, sans les rompre, d'aimables relations, devenues indispensables. Car l'état de guerre avait ceci de piquant, qu'il ne suspendait point les communications ni les correspondances entre les deux pays, grâce aux vaisseaux dits parlementaires. Libre aux Anglais de venir en France, d'y résider sans diflficulté : on les priait seulement de ne point voyager dans nos ports ou sur nos côtes. Il ne leur fallait un passeport que pour retourner de France en Angleterre : M""* Du Defland, qui s'employait aux Affaires extérieures pour ses