‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 205 sur 595 · Méni. du duc de Laazun cl du comte de Tilly..., p · texte numérisé non relu

Méni. du duc de Laazun cl du comte de Tilly..., p

Dans les diverses écoles. — L'enseio-nement du français fut en Angleterre comme partout à la fois une cause et un résultat de l'expansion de notre langue. Il la répandait, et d'autre part il se développait en raison de la considération qui s'attachait à la possession d'un idiome aussi connu. II semble bien qu'à l'époque dont nous traitons, cet enseignement ait été en progrès. 11 n'est pas de mode, il n'est pas même de règle, mais il gagne, semble-t-il, des partisans, dans divers milieux tout au moins, en même temps qu'il garde la majeure partie des fidèles que la tradition lui assurait.

Pour s'en rendre compte, ce n'est pas du côté des Universités qu'il faut regarder. Comme on sait, les Universités anglaises n'ont pas, à cette époque, l'appétit de la nouveauté. Aussi n'y a-t-il pas lieu de s'étonner qu'elles n'aient pas créé de chaires de langue française, comme l'avaient fait leurs sœurs d'Allemagne. Il est cependant fort remarquable qu'elles aient accordé une place, si modeste soit-elle, à cet enseignement. A Oxford, en 1741, Magdalen Collège employa M. Fabre comme « praelector linguœ gallicana? ». A Cambridge, René La Butte enseigna le français l'année suivante'.

Chez les Réfugiés. — D'autres établissements d'instruction donnaient l'exemple.

Les Réfugiés avaient fait beaucoup. Dans cette masse d'exilés s'étaient trouvés un certain nombre de gens capables d'enseigner^. Ils ouvrirent des écoles à Londres et ailleurs. On pouvait y apprendre le français et c'était là une supériorité qui contribua à les peupler. « L'avantage qu'ont les Anglais de mettre là leurs enfants, dit un contemporain, est, qu'outre toutes les choses qui s'enseignent dans les autres Ecoles, ils apprennent la langue françoise dans celles-ci » ^

l. Cambr., Hist. of E. Lit., t. IX, p. 41-2.

'i Soho et Spittle-fields fourmillent de François, tellement qu'ils surpassent de beaucoup les Anglois en nombre dans ces deux lieux, et dans les sept rues ils y sont bien en aussi grand nombre que les Anglois (Guy Miège, Etat présent, G. B., t. I, p. 498).

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