Voir Misson, Mém. et Obs., p
Mais au xviii* siècle, d'assez bonne heure, ces écoles des Huguenots tendirent à devenir des écoles de charité'. Ce caractère devait leur enlever toute une partie de la clientèle aisée, les Anglais attribuant la plus grande importance au milieu dans lequel ils font élever leurs enfants. 11 fallait trouver mieux. Certains Réfugiés avaient essayé, au fur et à mesure que leurs ressources le leur avaient permis, de créer des pensions comme il y en avait sur le continent, dans lesquelles, au nombre de vingt, trente ou quarante, les enfants de qualité, ou tenant à des familles opulentes, étaient, depuis l'âge de cinq ans, confiés à des maîtres ou maîtresses, pour la plupart étrangers, réfugiés pour cause de religion, qui leur enseignaient à lire, à écrire, un peu d'arithmétique, quelques langues étrangères, et surtout les dogmes de la religion anglicane, enfin, selon les sexes, les éléments du latin, ou les ouvrages d'aiguille ".
Ces pensions eurent beaucoup de mal à prospérer, faute d'installations suffisantes. On sait quel prix on attache outre-Manche au confort, ou, tout au moins à la propreté, or souvent les salles étaient mal tenues, sales même. Les Mémoires de Romilly nous apportent à ce sujet de curieuses précisions ^ Voici d'abord qui concerne les églises : a Mon père avait ouvert une des chapelles françaises qui avaient été fondées lors de l'émigration des Réfugiés protestants en Angleterre et il demandait à ses enfants de venir alternativement là et à l'église paroissiale. C'était une sorte d'hommage qu'il rendait à la foi de ses ancêtres et c'était un moyen de nous familiariser avec la langue française, mais rien ne fut jamais plus mal calculé pour inspirer à l'esprit d'un enfant le respect pour la religion qu'un culte de telle sorte. L'église était sordide, le pasteur, lisant l'office et prêchant d'une voix monotone, dans un langage qui ne m'était pas familier, n'était vraisemblablement capable ni d'imprimer à mon esprit des craintes religieuses, ni d'attirer mon attention sur les doctrines qui étaient professées ».
Voici maintenant pour les écoles : « Mon frère et moi fûmes env.oyés, quand nous étions très jeunes, à une école de notre voisinage, dont la seule recommandation semble avoir été qu'elle fut une fois tenue par un réfugié français et que les fils de beaucoup de réfugiés y étaient élevés... Les matières que notre professeur ensei-
1. En tT39, Mailland en signale deux à Spiteaficlds, recevant chacune oO garçons et 50 filles (Hist. of London, 639). En 4747, il s'en crée une à Westminster, pour 15 filles d'origine huguenote, à qui on enseigne l'andais et le français (Htiq. Society Proceed, t. II, p. idi, 1915). o D V ^ .