‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 208 sur 595 · Id., ib., sect. XVL · texte numérisé non relu

Id., ib., sect. XVL

262 HISTOIRE DE LA LAxXGUE FRANÇAISE

prendre des leçons dans une Académie de Bishopsgate Street. Ambrose Bonwicke, étant à Saint John's Collège, à Cambridge (1710- 1714), avait pris un maître particulier, dans l'intention d'étudier les livres de toute sorte publiés tous les jours dans notre langue'.

Les pensionnats de jeunes gens mettaient dans leurs annonces le français au premier rang des matières enseignées".

Les jeunes filles, comme les jeunes gens, et plus qu'eux, s'y appliquaient. Ou bien elles s y mettaient dès l'enfance, comme lady Mary Wortley Montagu, qui l'avait parlé étant petite, alors qu'elle ne se mit à l'italien qu'à l'âge de vingt ans, ou bien elles l'étudiaient lorsqu'elles fréquentaient les cours'.

Dans la famille Orrery que Swift connaissait bien, jeunes gens et jeunes filles avaient tous pratiqué la langue française*. Dans la famille des Edgeworth, les pédagogues d'Irlande, la mère, Mrs. Elizabeth Edgeworth, n'avait pas manqué de faire apprendre le français à sa fille Maria, l'auteur de The Parent's assistant, qui se chargea de l'éducation d'un de ses frères.

Aux environs de 1760, la Comtesse de Bute désirait que sa petitefille fût capable de lire les auteurs français dans les textes originaux'.

Dans d'autres milieux, si ce n'était pas une honte, c'était une incommodité d'ignorer une langue d'usage général dans les afi'aires **. Ces motifs d'ordre pratique décidaient-ils les gens « dans le commerce » ? En tous cas Grosley nous dit : « Depuis quelques années toutes les petites écoles de Londres enseignent le François concurremment avec l'Anglois, et bientôt le François sera par choix la langue du peuple anglois, comme elle le fut par contrainte et par nécessité sous les rois Normands a. Si sotte que soit la prédiction finale, le témoignage reste et il n'est pas sans valeur. Nous savons par ailleurs qu'à Bristol un peu de français était considéré comme nécessaire à l'éducation du fils d'un marchand opulente

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