‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 209 sur 595 · Pons, Éduc. AngleL, p · texte numérisé non relu

Pons, Éduc. AngleL, p

3. Cambr., Ilist. of E. Lit., t. IX, p. 102. M. Sluart, dans son livre The Girl throu<jl>. Ihe A(ies (1933), après avoir traité de renseignement des jeunes filles au xyii*^ siècle, donne des détails intéressants sur l'apprentissage qu'elles faisaient des langues au xviii«.

4. An Essay on Modem Edacalion. Works, p. -486. Cf. Orrery Papers, passim.

o. Cf. M. Ptiilips et W. M. Tomkinson : EmjUsh Women in Life and Leiters, p. 18i. Oxford, 1927.

G. Voir les textes cités par Baldensp., Univ., p. 37.

7. Cf. VV. O' Connor, Enyland and Ihe EnijUsh in ihe Eiijidcenth Ccntury, t. II, p. 92. L'allusion concerne une éducation faite entre 1782 et 1787. 0' Connor mentionne aussi (76., page 93) dans le Public Adverliser, vers la même époque, une annonce pour un internat français destiné aux jeunes filles dans le quartier de Westminster, où le français est enseigné dans toute sa pureté. Tout ceci confirme ce que François de

Des maîtres compromettent la cause. — Sienne contestait guère la valeur du français, en revanche on était sévère pour beaucoup de ceux qui l'enseignaient. Thomas Day les condamne expressément. Pourquoi? En raison surtout des dangers que peut faire courir aux jeunes filles la fréquentation de maîtresses de condition inférieure et de moralité douteuse. Allant plus loin, il conclut : La jeune fille épousera un Anglais, donc à quoi bon tant tenir à ce qu'elle possède une langue étrangère ? ' Hannah More partage cet avis et se demande à quoi le français peut servir, si une femme n'a pas l'occasion de voyager ou de parler aux étrangers '. Mais des raisonnements aussi simplistes sont assez rares. Ce qu'on retrouve partout ce sont les reproches qui tombaient comme grêle sur les maîtres de langues. D'abord la plupart n'étaient pas éducateurs, ensuite la conduite d'un certain nombre était d'un fâcheux exemple. Swift jugeait sévèrement la manie des riches et des nobles familles d'entretenir dans leurs maisons des maîtres de français d'origine française, détestables pédagogues, auxquels on passe tout pourvu qu'ils forment les enfants à la pratique de leur langue ^ Mais il se plaint surtout de l'imprudence qu'ont les familles ou bien d'abandonner entièrement l'éducation aux mères, ou bien de confier les jeunes filles à des pensions, où elles sont remises aux mains de gouvernantes anglaises et françaises, généralement le pis qu'on puisse se procurer avec de l'argent*.

Le personnel qu'il eût fallu, instruit et honorable, faisait à peu près défaut. Force était de recourir à des précepteurs de fortune, dont bon nombre étaient de vrais aventuriers. Il y avait là un péril, surtout pour les jeunes filles, on ne manqua pas de le dénoncer parmi les satiriques: « Ce palefrenier est de Blois, son français est pur », raillait déjà Pope' dans la première moitié du siècle.

SmoUett, par dérision, dans Peregrine Pickle (1751), envoie son héros à une école où il doit apprendre français et latin chez un charlatan allemand. Le général Burgoyne parle d'une pension possédant un déserteur de Dunkerque pour enseigner la grammaire française".

La sagesse eût été de chercher les moyens propres à éviter pareils dangers, qui n'étaient que trop réels', sans se résigner à proscrire

La RocliefoLicauld nous apprend sur la manière dont le français était cultivé dans certaines villes de province, en particulier à Bristol.

Page 1