‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 21 sur 595 · Voir Dezsô Pais, Arl. c, IF, p. 136 et suiv · texte numérisé non relu

Voir Dezsô Pais, Arl. c, IF, p. 136 et suiv

2. Mess (.Nikolaus), Heiinalbuch der drei Schweslenjeinelnden S' Hubert, Charlevil und Solttir im Banal, 1927, in-8», 296 pages ill., 4 plans, et Metz (P'riedrich), Die Auswanderunçi aus Ëlsass-Lothringen nach den Donaulandem (Elsass-Lotliringisches Jahrbuch, 191-iO, pp. 23-4-278) (avec une bihliographie précieuse, p. 277-278, et des listes des noms des colons de Saint Hubert, p. 2()3 ; dans les pages suivantes, stîrie de transcriptions allemandes de noms dans le français). Cf. Zeliqzon (Léon), Trois villages lorrains en Yougoslavie {Saint Hubert, Cliarleville, Soltour), Caliiers Lorrains, 1929, pp. 23-30 (bref, mais intéressant). Rosainbert (André), Les colonies lorraines du banat yougoslave (Revue lorraine d'Anthropologie, t. II, 1929-1930, pp. 139-160).

En 1818, le français était dénaturé, au témoignage du baron d'Haussez, cité par Géza Birkas (/feu. des El. Hongr., juil.-déc. 1933, p. 233).

Le xv!*^ et le XVII* siècles. La réforme en Hongrie. — La bataille de Mohâcs livra la Hongrie aux Turcs. C'est néanmoins à cette époque qu'un grand mouvement des esprits rendit le pays à la vie intellectuelle. La Réforme s'y implanta si fortement qu'on a pu dire longtemps : « foi hongroise, foi de Calvin ». Cela ne veut pas dire que cette foi parlât français, naturellement \ Plus d'un humaniste hongrois vint aussi en France, pour des séjours assez longs parfois : André Dudith, Jean Sarrebucus et autres. Certaines de leurs œuvres latines furent traduites en notre langue'.

De retour en Hongrie, qu'y rapportèrent-ils au juste de vocabulaire français, même lorsqu'ils restèrent en correspondance avec des confrères amis de France ?

Au XVII* siècle, en pleine mêlée religieuse, en pleine bataille contre les envahisseurs turcs, des Hongrois illustres, comme Zrinyi, mêlaient aux affaires de guerre des préoccupations artistiques et littéraires. Le comte était venu en France et avait été l'hôte du Grand Condé. Molnar, aidé par Lobwasser, donna à la Hongrie protestante ses Psaumes calqués sur ceux de Marot, où il façonna la langue pour l'adapter à des rythmes inconnus \

Pareille entreprise était d'une importance capitale, car nulle part peut-être, sauf en Pologne, l'idiome indigène ne fut opprimé comme en Hongrie. La domination latine tournait à la dépossession. Or l'idée de revendiquer les droits de la langue nationale vint de France. C'est chez Cseri et par lui que s'aflîrma et se répandit la doctrine lancée par Ramus et reprise par Descartes, à savoir de faire parler à la philosophie non plus le latin, mais la langue nationale. Elle mit plus de temps encore à triompher qu'en France. Un gentilhomme français au service de la Reine de Pologne, nommé Daleyrac, que Regnard a rencontré à Javarow, lors du séjour qu'il y fit en novembre 1081, a noté, en traversant la Hongrie, qu'il eut l'occasion en particulier de voir lors de la campagne de Jean Sobieski, où en était la superstition latine : « La plupart [des grandes villes], dit-il, doivent leur origine aux anciens Romains qui y ont planté des Colonies dont les noms se sont encore conservés dans la corruption générale des Langues : tel est celui de Poson, de Sabine, de Tyrnau, qui sont des Villes célèbres de ce Royaume, fondées jadis par Pison, Sabinus, Tfrnavius. Les peuples y ont conservé aussi la

1. Sur la diffusion de livres protestants français en Hongrie, voir part. L. Palaky, D. Osterwald en Hongrie, Rev. des El. Hongroises, 1929, p. 89 ss.

2. VoirJ. Taludi, Dudilh et les humanistes français (Szeged, 4932); Enare Bach, Un humaniste hongrois en France: J. Sanibums (Ibid., 1932); cf. l'étude hongroise d'A. Eckhardt : Les humanistes hongrois à Paris ÇMinerva, 1929).

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