‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 22 sur 595 · Kont, 0. c, p · texte numérisé non relu

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Histoire de la langue française. VIII. 2

pureté du langage de leurs anciens Maîtres. Il est certain que, dans toute l'Europe, on ne parle pas si bien Latin, si proprement, si élégamment, si facilement qu'en Hongrie : celui du temps d'Auguste n'y a pas dégénéré, ny dans la frase, ny dans la prononciation. On le cultive encore avec soin dans les Universitez de ce Royaume, aussi célèbres que nos meilleures de France ou les anciennes des Espagnes. Les maîtres de poste ne peuvent être reçus s'ils ne parlent la Langue Latine comme la Hongroise, et généralement tout le monde en a l'usage avec même facilité ' ».

France et Transylvanie". — La France, désireuse de se faire appuyer dans sa luttecontrel'Autriche, entretenait des relations avec les princes transylvains. La Cour de François II Râkoczî devint en orande partie française, en raison des nombreux officiers français entrés à son service. Ses proclamations sont en latin et en français. Le prince n'était nullement embarrassé à Paris, ni même dépaysé, et ses Mémoires sont fort corrects ^ 11 entretenait souvent en français des relations avec notre ambassadeur à Constantinople. C'est en France qu'il se réfugia en 1713; il y resta jusqu'au moment où la Porte l'appela à son aide contre l'Autriche^. Pendant la période d'oppression qui suivit, où l'Autriche s'efforça d'abolir à la fois le protestantisme et le sentiment hongrois, les livres français furent interdits. A l'Université de Nagy-Szombat (aujourd'hui Trnava), transférée à Bude (1777), puis à Pest (1784), notre langue fut cependant enseignée, comme l'allemand ; mais c'est sans nul doute une boutade inspirée par je ne sais quel dépit que la plainte de Pierre Bod, auteur de V Atlas mag/ar (1766), disant que bientôt a les enfants crieront en français dans leurs berceaux » '. On n'en était pas là.

Kont" a pu noter cependant l'influence de Fénelon sur Faludi, auteur d'ouvrages d'édification et d'éducation, sur le poète Ladislas

i. Les anecdotes de Pologne ou mémoires secrets du règne de Jean Sobieski, t. I, p. 208-209. En 1836 encore, Saint-Marc Girardin, traversant la Hongrie par le Danube récnmmcnl ouvert à la navigation à vapeur, s'égaiera des journaux latins à Presbourg (Pozsony-Bratislava) et, à son retour par les montagnes transylvaques, s'entretiendra tant bien que mal en latin avec un charretier du Binât (voir H. Tronclion, Débuts de la littérature liongroise en France, Rev. El. Hongroises, iO'âo, tir. à part, p. 33).

2. Voir Iludita, Hist. des relations diplomatiques entre la France et la Transylvanie au XVIII' siècle, Paris, 1927, in-H». Thèse.

3. Sur Râkôczi II et les nombreux ouvrages français de sa bibliothèque, cf. l'étude hongroise de B. Zolnai : II. Râkôczi Ferenc Konyotara (1926), et, du môme, une étude sur les Jansénistes hongrois, Magyar Janzenlstâk (Minerva, 1924-1923).

A. Kont, 0. c, p. 438.

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